Spécificité du sevrage des antidépresseurs

Le sevrage des antidépresseurs

Avec les antidépresseurs, il est fortement recommandé de sevrer l’antidépresseur d’origine (souvent celui qui est actuellement pris) et d’envisager de passer par une autre molécule, si le sevrage de l’antidépresseur d’origine s’avère trop difficile (symptômes de sevrage intolérables) ou en fin de sevrage, si les dernières diminutions deviennent trop difficiles. Comme relevé par Altostrata (2011), administrateur du forum Surviving Antidepressants, un sevrage direct du médicament auquel votre système nerveux est accoutumé est moins risqué que le passage par un autre antidépresseur [sevrage indirect]. En effet, il peut arriver que l’organisme réagisse très mal à l’introduction d’une nouvelle molécule, ce qui provoque, dans la plupart des cas, de sévères effets indésirables. Il peut également arriver que la substitution échoue : c’est le cas lorsque l’action de la nouvelle molécule ne couvre pas les symptômes de sevrage induits par le retrait de la molécule d’origine.

Avant de débuter un sevrage, il est important de :

Trouver sa dose de confort et de s’y stabiliser

Le point essentiel avant de débuter le sevrage à proprement parler est de trouver sa dose de confort et de s’y stabiliser pendant quelques semaines (généralement 4). En effet, si vous débutez votre sevrage lorsque votre organisme est en manque, alors vous risquez d’accumuler le manque à chaque palier. Pour donner toutes les chances à un sevrage de bien se passer, il est crucial de ne pas le débuter en état de manque. De plus, comme l’a constaté Thérèse (fondatrice du forum SoutienBenzo), il ne faut ne pas rester avec des symptômes de sevrage d’un antidépresseur si vous avez été trop vite, car l’effet rebond apparaît 1 à 2 mois après et il NE FAUT PAS attendre que ça passe tout seul! La solution est de REPRENDRE en partie votre sevrage [c’est-à-dire de remonter à la dernière dose à laquelle vous vous « sentiez bien »] et FINIR de se sevrer correctement.

Connaître la durée de la demi-vie de l’antidépresseur pour adapter les prises et éviter les états de manque

Il est important de prendre l’antidépresseur à heure(s) fixe(s) pour maintenir le taux de molécule active constant dans le sang afin d’éviter les états de manque.

Avec un antidépresseur à demi-vie longue (24 heures et plus), une prise à heure fixe de la dose journalière couvre normalement toute la journée.

Bien que la durée de la demi-vie n’étant pas égale à la durée de l’effet de la molécule active, celle-là constitue un bon indicateur du nombre d’heures qui seront couvertes par l’antidépresseur. (Pour rappel, la durée de l’effet d’un médicament psychotrope est généralement inférieure au temps nécessaire à l’organisme pour l’éliminer, c’est-à-dire à la durée de sa demi-vie d’élimination).

Pour prendre un exemple du problème de l’état de manque qui peut se produire avec un antidépresseur à demi-vie courte (< 5 heures) : la venlafaxine (Effexor). La venlafaxine, dans sa forme galénique classique, c’est-à-dire dont le mode de libération n’a pas été modifié, a une demi-vie de 5 heures, ce qui fait que la durée de son effet ne va pas excéder les 5 heures et que la personne qui ne prend cet antidépresseur qu’une fois par jour, par exemple à 8h00, aura éliminé l’antidépresseur à 13 heures et va probablement se retrouver en état de manque jusqu’à la prochaine prise, c’est-à-dire jusqu’au lendemain 8h00. Bien évidemment, les firmes pharmaceutiques ont modifié le mode de libération de cette substance pour pallier à cet écueil et proposent maintenant la venlafaxine sous forme de gélules à libération prolongée (ou LR ou ER pour Extended Release). En Suisse, il s’agit de l’Efexor ER qui se présente sous forme de capsules contenant des pellets (ou micro-billes). Cette forme permet de passer à une prise par jour, alors que la venlafaxine (Effexor) dans sa forme « classique » nécessite 5 prises quotidiennes pour couvrir une période de 24 heures.

Selon Compendium suisse des médicaments (2018), pour les formes à libération prolongée (LP ou ER pour Extended Release), après la prise de Venlafaxin Pfizer ER, le temps de demi-vie d’élimination apparent atteint 15±6 h, et correspond au temps de demi-vie d’absorption, car l’absorption est alors plus lente que l’élimination. À la lecture du Compendium, nous constatons qu’il n’est pas non plus garanti que les formes prolongées couvrent de leur action les 24 heures d’une journée.

Finalement, il convient d’être très attentif à la durée de la demi-vie d’un antidépresseur, car cela pourra peut-être nous permettre de trouver l’origine des symptômes de manque et/ou de leur intensification à des heures spécifiques de la journée. Les heures de prises ainsi que les méthodes et protocoles de sevrage pourront alors être ajustés en fonction de cette donnée.

 

Ce sevrage se fait aussi avec la méthode des 10%, mais avec un palier un peu plus long qu’avec les benzodiazépines pour une meilleure efficacité.

Il est recommandé de ne pas rester avec des symptômes de sevrage d’un AD (antidépresseur) si vous avez été trop vite: l’effet rebond apparaît 1 à 2 mois après et il NE FAUT PAS attendre que ça passe tout seul! REPRENDRE en partie votre sevrage et FINIR de se sevrer correctement.

Avec le sevrage d’un antidépresseur, l’idéal serait que ça se passe bien à 100%, sans symptômes aucuns. Dans de nombreux cas, le sevrage d’un antidépresseur se passe bien, mais ce n’est pas une règle générale. Mais pourtant c’est ce qu’il faut viser, ce 100% ! car je suis sûre que beaucoup ne sont pas attentifs à leur corps et acceptent des symptômes passivement en croyant que c’est normal.

Lors du sevrage, il faut vraiment écouter son corps car les symptômes se font vite sentir! Et lorsqu’ils se font sentir, il est important d’en tenir compte et d’envisager d’adapter le protocole de sevrage (par exemple faire des diminutions plus petites ou allonger un peu le(s) palier(s)).

Il est recommandé de commencer avec des paliers de 30 jours et des diminutions de 5% de la dose en cours, ce qui permet au corps de s’adapter, puis de diminuer doucement la longueur des paliers jusqu’à une durée de stabilisation qui vous convient : par exemple des paliers de 12 ou 15 jours. À vous d’ajuster en fonction de votre ressenti.

Il est plus facile de diminuer un palier que de remonter, en ramant! car le corps a accumulé du manque et c’est plus difficile à gérer.

Thérèse, 2017

 

 

Suite: Les antidépresseurs : règles de sevrage recommandées

Les méthodes de sevrage

 

 

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