Les neuroleptiques

Contrairement à ce qui est dit, les neuroleptiques n’ont pas d’effets spécifiques sur les pensées délirantes (les délires) ou sur les perceptions erronées (les hallucinations).
Breggin & Cohen (2007)

Comme l’expliquent Breggin et Cohen (2007), tous les neuroleptiques produisent très fréquemment une vaste variété de dysfonctionnements neurologiques qui sont potentiellement graves et invalidants. Selon les auteurs, les neuroleptiques font parti des agents les plus toxiques qu’on ait jamais administré à l’Homme.

Liste des neuroleptiques (antipsychotiques)

D’après Breggin & Cohen (2007), Compendium Suisse des Médicaments (2017), Wikipédia (2017) & Pharmaétudes.com (2007)

Les nouveaux neuroleptiques (antipsychotiques de 2ème et 3ème générations ou antipsychotiques atypiques)

  • aripiprazole (Abilify,…)
  • ziprasidone (Geodon, Zeldox, …)
  • palipéridone (Invega, Xeplion, …)
  • rispéridone (Risperdal, Risperdalconsta LP, Risperdal Consta, Risperdal Instasolv, RisperdalORO, …)
  • quétiapine (Seroquel, Xeroquel, Ketipinor, Sequase, …)
  • olanzapine (Zyprexa[1], …)
  • amisulpride (Solian, Deniban, Amitrex,…)
  • Symbyax (olanzapine + fluoxétine)

Les anciens neuroleptiques / antipsychotiques (antipsychotiques typiques)

  • clozapine (Clozaril, Leponex, Azaleptin, Fazaclo, Froidir, Denzapine, Zaponex, Klozapol, Clopine, Clopin Eco, Alemoxan, Azaleptinum, Clofax, Cloment, Clonex, Clopin, Clopsine, Clorilex, Clozalek, Clozapin, Clozapina, Clozapinum, Clozix, Denzapine, Elcrit, Klozapin, Labincloz, Lanolept, Lapenax, Lozapin, Lozapine, Luften, Sensipin, Sequax, Sizopin, Sizopril, Uspen, Zapen, Zapine, …)
  • halopéridol (Haldol, Halopéridol Renaudin, Haldol Decanoas,…)
  • cyamémazine (Tercian)
  • lévomépromazine (Nozinan)
  • pipotiazine (Piportil)
  • loxapine (Loxitane, Adasuve, Loxapac, Xylac,…)
  • thioridazine (Mellaril, Melleril,…)
  • molindone (Moban)
  • thiothixène (Navane)
  • flupentixol (Fluanxol, Deanxit,…)
  • Deanxit (= flupentixol + mélitracène)
  • fluphénazine (Prolixin, Modécate, Moditène, Dapotum, Moditen,…)
  • mesoridazine (Serentil)
  • trifluopérazine (Stelazine, Terfluzine,…)
  • chlorprothixène (Taractan, Truxal, Cloxan, Truxalettes, Truxaletten, Clothixen, Rentovet, Tactaran, Traquilan, Trictal, Truquil, Vetacalm,…)
  • chlorpromazine (Thorazine, Chlorazin, Largactil,…)
  • acetophenazine (Tindal)
  • perphénazine (Trilafon, Phénazine,…)
  • triflupromazine (Vesprin,…)
  • sulpiride (Dogmatil,…)
  • Etrafon (antidépresseur + Trifalon)

Les antipsychotiques utilisés pour d’autres usages médicaux

  • prochlorpérazine (Compazine, Stemetil,…)
  • dropéridol (Inapsine, Droleptan, Droperidol,…)
  • pimozide (Orap,…)
  • prométhazine (Phenergan, Atosil, …)
  • métoclopramide (Reglan, Paspertin, Primperan, Gastrosil, MCP ratiopharm, Prokinyl LP,…)

Mécanismes d’action des neuroleptiques

Les neuroleptiques ou antipsychotiques sont des psychotropes et en tant que tels, ils agissent sur le système nerveux central et altèrent le fonctionnement du cerveau en modifiant ses processus biochimiques et physiologiques. En altérant les fonctions cérébrales, les neuroleptiques induisent des modifications des autres fonctions de l’organisme y compris les fonctions cognitives, motrices et comportementales.

Les modifications biochimiques et physiologiques

Dans le cerveau, l’information est transmise par voies électrique et chimique. À l’intérieur du neurone l’information circule sous forme d’impulsion électrique, mais lorsqu’un neurone veut envoyer un message à un autre neurone, il le fait à l’aide de messagers chimiques : les neurotransmetteurs.

Les neurotransmetteurs que les antipsychotiques affectent sont, en autres : la dopamine et la sérotonine.

Pour Barlow et Durand (2007), les neurotransmetteurs dopaminergiques ont pour fonction générale d’activer d’autres neurotransmetteurs impliqués dans les comportements exploratoires et de recherche du plaisir.

Les antagonistes dopaminergiques se fixent sur les récepteurs dopaminergiques et ainsi, empêchent la fixation de la dopamine sur ces récepteurs (en occupant sa place). Un antagoniste est une substance chimique qui réduit ou bloque les effets d’un neurotransmetteur (Barlow & Durand, 2007).

Les antipsychotiques peuvent modifier l’action de plusieurs systèmes de neurotransmission en agissant comme antagoniste sur leurs différents récepteurs postsynaptiques et/ou présynsaptiques. Ainsi, les neuroleptiques, en fonction de leur spécificité d’action, sont en mesure de bloquer ou de réduire les effets des neurotransmetteurs :

  • dopaminergiques
  • sérotoninergiques
  • histaminergiques
  • adrénergiques
  • cholinergiques

Comme l’explique le Collège National de Pharmacologie Médicale [CNPM] (2017), tous les antipsychotiques sont des antagonistes des récepteurs dopaminergiques de type D2, c’est leur plus petit dénominateur commun.

Les graves effets secondaires des neuroleptiques / antipsychotiques

La dyskinésie tardive induite par les neuroleptiques

La dyskinésie tardive est un effet indésirable, d’apparition tardive, des neuroleptiques ou antipsychotiques. D’apparition tardive, veut dire qu’elle apparaît après quelques semaines ou quelques mois d’utilisation des neuroleptiques. Elle se caractérise par des mouvements involontaires, habituellement de la langue, du bas du visage et des mâchoires, et des extrémités (mais parfois également des muscles pharyngés, du diaphragme ou du tronc) (American Psychiatic Association [APA], 2016).

Une dyskinésie peut émerger lors d’une diminution de dose ou au cours du sevrage des neuroleptiques. Elle peut se dissiper au bout de quelques semaines (4-8 semaines selon l’APA, 2016) après la diminution de dose ou après le sevrage ou elle peut persister dans le temps et dans ce cas, on parle de dyskinésie tardive.

Selon Breggin (2013), la dyskinésie tardive, souvent appelée DT, est un trouble des mouvements qui est causé par les neuroleptiques (antipsychotiques) qui peut détériorer n’importe quelle fonction musculaire qui est sous le contrôle volontaire complet ou partiel, comme les muscles faciaux, les yeux, la langue, le cou, le dos, l’abdomen, les extrémités, le diaphragme, les muscles respiratoires, les réflexes de déglutition et le contrôle des cordes vocales et de la voix.

La dyskinésie tardive est un effet secondaire grave et fréquent des neuroleptiques et, comme le soulignent les membres de la cellule du médicament des Hôpitaux Universitaires de Genève (2015), tous les antipsychotiques peuvent potentiellement provoquer des dyskinésies tardives. Selon les HUG (2015), le risque augmente avec l’affinité du médicament pour les récepteurs D2, la dose cumulée et la durée du traitement.

La dystonie induite par les neuroleptiques

La dystonie induite par les neuroleptiques est une variante de la dyskinésie. Elle se manifeste généralement par des spasmes involontaires et douloureux des muscles du visage, du cou et du tronc. Elle se caractérise par une contraction anormale ou prolongée des muscles des yeux (crise oculogyre), de la tête, du cou (torticolis ou rétrocolis), des membres ou du tronc (APA, 2016). Ces spasmes musculaires involontaires peuvent figer l’individu dans des postures anormales. Et comme le soulignent Floris, Lecompte, Mertens, De Nayer, Mallet, Vandendriessche et Detraux (2004), lorsque les muscles laryngiens sont impliqués dans des formes aiguës, leurs spasmes peuvent conduire à une obstruction respiratoire potentiellement fatale.

Comme l’expliquent Floris et ses collaborateurs (2004), les réactions dystoniques surviennent chez 10% des patients débutant un traitement par un neuroleptique classique puissant et une dystonie aiguë peut apparaître chez 90 à 100% des patients à risque comme les jeunes hommes recevant des doses élevées de neuroleptiques classiques puissants. Les auteurs ajoutent que la dystonie peut être induite par tout agent bloquant suffisamment les récepteurs D2, y compris les médicaments de faible puissance.

Dystonie aiguë et dystonie tardive

Lorsque les spasmes musculaires douloureux se produisent dans les jours qui suivent un changement de dosage, on parle de dystonie aiguë et lorsqu’ils se manifestent plus tardivement (après quelques mois de prises de neuroleptiques) ou persistent des mois après l’arrêt des neuroleptiques, on parle de dystonie tardive.

La dystonie aiguë peut donc apparaître lors de tout changement de dose du neuroleptique, notamment dans les jours qui suivent le début du traitement ou lors d’une augmentation de dose rapide. La dystonie aiguë peut également apparaître lorsqu’on réduit la dose d’un médicament utilisé pour traiter les symptômes extrapyramidaux (p.ex. un médicament anticholinergique).

La dystonie tardive induite par les neuroleptiques, se manifeste quant à elle plus tardivement, c’est-à-dire plusieurs semaines ou plusieurs mois après le début du traitement ou après un changement de dosage. On parle également de dystonie tardive, lorsque celle-ci persiste plus de 4 à 8 semaines après une réduction de dosage ou après l’arrêt des neuroleptiques.

L’akathisie induite par les neuroleptiques

en cours de rédaction…

Le syndrome neuroleptique malin induit par les neuroleptiques

en cours de rédaction…

D’après Liberek et al. (2000), le syndrome neuroleptique malin survient selon un mécanisme idiosyncrasique, indépendamment de la dose ou de la concentration plasmatique.

Certains effets indésirables de l’halopéridol sont graves (à risque vital) et doivent motiver l’appel immédiat des urgences médicales : il s’agit du syndrome malin des neuroleptiques (pâleur, hyperthermie, troubles végétatifs) ou de mouvements musculaires incontrôlables (touchant en particulier le visage et la langue). En outre, il n’est pas rare d’observer des spasmes et une instabilité de la face et du cou, tremblements, troubles des règles, impuissance, hypertrophie des seins, sécrétion lactée, prise de poids (Wikipédia, 2017).

Les neuroleptiques : règles de sevrage recommandées par Thérèse du forum soutienbenzo

En ce qui concerne les neuroleptiques, nous manquons encore de données et d’observations nous permettant de proposer des recommandations de sevrage ayant fait leurs preuves. Par conséquent, les présentes recommandations sont à considérer avec une certaine prudence!

Règles générales pour les neuroleptiques

Pourcentage de diminution recommandé : < 3%

Longueur des paliers recommandée : jusqu’à 35 jours

Dans le cas des neuroleptiques, comme dans le cas des antidépresseurs, il faut veiller à avoir le moins de symptômes possibles, voire pas du tout…

 

Pour plus d’informations n’hésitez pas à consulter notre manuel de sevrage:
Le manuel de sevrage des psychotropes


[1] Le Dr David Healy, psychopharmacologue, expert internationalement reconnu, a fait remarquer que le taux de suicides, de morts et de tentatives de suicide et de prise de poids liés au Zyprexa ayant eu lieu pendant les essais cliniques de pré-commercialisation a été « le plus élevé de tous les médicaments psychotropes de l’histoire! » (Wikipédia, 2017)


Références

Barlow, D. H. et Durand, V. M. (2007). Psychopathologie : une perspective multidimensionnelle. Bruxelles : De Boeck.

Breggin, P. R. et Cohen. D. (2007). Your Drug May Be Your Problem: How and Why to Stop Taking Psychiatric Medications. Fully revised and updated edition. Ed. Da Capo Press

Collège National de Pharmacologie Médicale. (2017). Antipsychotiques : les points essentiels. Accès : https://pharmacomedicale.org/medicaments/par-specialites/item/antipsychotiques-les-points-essentiels

Floris M., Lecompte D., Mertens C., De Nayer A., Mallet L., Vandendriessche F. et Detraux J. (2004). La dystonie aiguë. Supplément à Neurone, 9(7). Accès : http://www.synopsys.be/documents/get/fa4269dac5945e0761d38afe1431f088.pdf

HUG. (2015). Guide pour l’emploi des psychotropes d’usage courant. Accès : https://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/pharmacologie_et_toxicologie_cliniques/documents/guide_des_psychotropes_2015.pdf

PharmaEtudes. (2007). Neuroleptiques et autres antipsychotiques. Accès : http://www.pharmaetudes.com/ressources/cours%20internat/section5/11-neuroleptiques-et-autres-antipsychotiques.pdf

Wikipédia. (2017). Halopéridol. Accès : https://fr.wikipedia.org/wiki/Halop%C3%A9ridol

Wikipédia. (2017). Olanzapine. Accès: https://fr.wikipedia.org/wiki/Olanzapine

 

Carole, décembre 2017