Mes activités en 2017

Bonjour à tous,

En ce début d’année 2017, je vais reprendre la direction de l’université, jusqu’en juillet où je devrais obtenir mon diplôme. Je vais également reprendre le travail d’information sur la médication psychiatrique et le monde de la psychiatrie, mais cette fois je vais le faire en l’adaptant à mon rythme de vie.

LIVRE

Tout au long de cette année, je vais me concentrer sur la mise par écrit de ce que j’ai compris de ce qui m’est arrivé, de pourquoi ça m’est arrivé et de comment sortir du cercle néfaste de la psychiatrie moderne et de ses traitements chimiques et non-chimiques.

Je vais proposer une première réponse à la question: « Qu’est-ce que la maladie mentale? » et je vais essayer d’expliquer les mécanismes qui sont derrière l’anxiété, la dépression, les psychoses, l’insomnie et les autres troubles qui sont actuellement très fréquents dans notre société moderne.

C’est à l’aide de l’outil Wattpad, que je vais rédiger et rendre disponibles mes réflexions autour de la « maladie mentale ». Cet outil permet aux auteurs de proposer gratuitement leurs écrits (en cours de rédaction ou terminés) à leurs lecteurs.

Je vais donc vous proposer de suivre la rédaction de mes écrits en temps réel. Comme cela vous pourrez suivre l’avancée de mes réflexions sur les divers sujets qui m’interpellent et commenter les parties qui ne vous semblent pas claires.

 

VIDEOS

Pour rendre plus accessible le contenu de mes réflexions, je vais également continuer à réaliser des séries de vidéos.

 

THEMES QUI SERONT TRAITES

Voici les divers thèmes que j’ai prévu de traiter:

  • Qu’est-ce que la maladie mentale dans notre société moderne?
  • L’anxiété, qu’est-ce que c’est et comment la gérer?
  • La dépression, qu’est-ce que c’est et comment en sortir?
  • Finissons-nous tous par devenir psychotiques ou schizophrènes sous médications psychotropes?
  • Pourquoi certains s’en sortent et d’autres pas?
  • Quelle est la différence entre une émotion et une pensée?

FORUMS

J’ai réalisé que les forums me prenaient trop d’énergie et qu’ils détruisaient ma motivation à continuer à informer les gens concernant le domaine de la psychiatrie et de la médication psychiatrique. J’adore l’équipe du forum de Thérèse qui fait un travail formidable pour soutenir, conseiller et guider les personnes qui sont en sevrage. J’aurai tant aimé pouvoir être plus forte et arriver à tout faire de front: réaliser des vidéos, écrire des livres, développer mon site, finir mes études, m’occuper de ma famille et soutenir individuellement les membres du forum. Mais ça fait trop, vraiment trop. Au final, j’ai tellement voulu en faire qu’en ces mois de décembre 2016 et de janvier 2017, j’ai tout mis de côté parce que j’étais débordée.

Je me suis alors dit qu’il fallait que je trouve un juste milieu pour pouvoir continuer à être utile dans l’information et le soutien des personnes qui sont en prise avec la psychiatrie et les médicaments psychiatriques. Je me suis dit que je ne pouvais pas de nouveau tout plaquer parce que je n’avais pas su gérer mes priorités dans le domaine.

MES PRIORITES

Maintenant, je réalise que je ne peux pas tout faire, qu’il est important que je me concentre sur ce que je fais de mieux pour pouvoir proposer efficacement mon aide et mes connaissances aux personnes qui ont en besoin. Je vais donc concentrer mes efforts sur trois points suivants:

  1. Continuer à acquérir des connaissances dans les domaines de la psychologie, de la psychiatrie, de la médication psychotrope, des neurosciences, des états modifiés de consciences, des thérapies alternatives, de l’alimentation, etc… (formation universitaire, en autodidacte et auprès de spécialistes)
  2. Livres et/ou guides: Mise par écrit de mes connaissances et de ma compréhension du domaine (psychiatrie, « troubles mentaux », « maladie mentale », médicaments psychiatriques,…)

  3. Réalisation de vidéos pour faciliter l’accès à l’information. Chaîne Youtube

 

Je vous remercie tous et toutes de votre compréhension.

Je tenais à présenter mes excuses à Thérèse et à l’admirable équipe de son forum pour ne pas avoir été capable de tenir mon engagement et ne plus être en mesure de continuer à intervenir sur le forum. J’ai présumé de mes forces dans le domaine et je vous prie de bien vouloir me pardonner.

 

Dans l’intention de ne plus décevoir personne, je vais faire tout mon possible pour ne prendre que des engagements que je peux tenir et mettre en place des stratégies qui me permettent d’aller au bout de ce que j’ai promis. Je vais donc m’engager à rédiger des livres et à proposer des vidéos pour vous guider vers la sortie de la médication psychiatrique et de la psychiatrie. Mais pour être sûre d’arriver au bout de ces deux projets, je vais prendre mon temps pour écrire et pour réaliser des vidéos, je vais le faire à mon rythme. Par conséquent, il ne sortira pas un livre par mois ou une vidéo par semaine. Il me faudra du temps pour tout mettre par écrit ou en images.

Merci de votre patience et de votre compréhension!

A très bientôt pour les premiers écrits,

Très bonne année à tous! Qu’elle vous apporte joie, bonheur, amour, réussite et surtout santé!

Du fond du coeur,

Carole

 

 

Les maîtres du temps

Les maîtres du temps

« Eh bien, [le maître du temps] n’a pas changé, toujours la mine grise et l’air grincheux, à tisser les heures, les jours, les mois, les années, à tisser le temps qui passe sans jamais lever le nez! » Phrase extraite de l’histoire intitulée Joyeux Noël Père Noël (Les Belles Histoires, hors série décembre 2016)


Ce que cette phrase m’inspire:

L’immobilité ne me permet pas de garder l’équilibre. Il me faut bouger pour trouver mon équilibre, ma stabilité dans ce monde qui bouge et qui va trop vite… les yeux et le coeur fermés.

Les maîtres du temps, ce sont eux qui nous demandent d’aller vite, peu importe que nous gardions notre équilibre, le principal pour eux, c’est que nous avancions, tels de fusées.

Nous ne voyons pas le parcours, le chemin, le voyage, le paysage… et nous ne sommes pas certains non-plus de voir notre destination… la destination qu’on nous a fixée!?

Quel intérêt à courir comme des lapins, sans profiter un instant du parcours de notre vie, des rencontres sur notre chemin? Pour atteindre cet objectif? Mais quel objectif? Le nôtre? Le leur? Et cet objectif existe-t-il vraiment?

Une course folle sans but, voilà à quoi ressemble la vie de nos jours! A quoi bon? A quoi bon gagner cette course si elle ne nous apporte rien? A quoi bon perdre notre vie pour rien? Ne vaut-il pas mieux apprécier chaque jour qui passe sans se soucier d’arriver au bout? Ne vaut-il pas mieux apprécier la vie… la mort arrivera bien assez vite…

La mort, le point final, l’objectif de toute existence! Pourquoi griller les étapes pour l’atteindre? Ne ferions-nous pas mieux de profiter de l’instant présent et de laisser notre corps et notre âme avancer à leurs rythmes jusqu’à la ligne d’arrivée?

Tout le monde va gagner, tout le monde atteindra un jour cette objectif. Pourquoi vouloir faire partie de ceux qui l’atteindront en premier?

Les maîtres du temps!!

Faut-il aller vite ou lentement? Faut-il suivre leur rythme ou non?

 

Carole, décembre 2016

Qu’est-ce qu’une pensée intrusive?

Qu’est-ce qu’une pensée intrusive et comment en reprendre le contrôle?

Définition: Les pensées intrusives sont des pensées obsédantes. Ce sont les pensées ou images ou impulsions répétitives désagréables, inacceptables et /ou refusées par le sujet, qui interrompent les activités du sujet et qui sont difficiles à contrôler (Rachman, 1981).

Les pensées obsédantes viennent se greffer dans notre discours interne.

Notre discours interne est ce que nous nous disons à nous-mêmes. On se parle intérieurement pour mieux intégrer les informations que nous recevons de l’extérieur et de notre organisme. Par exemple, je ressens une légère chaleur sur ma peau et je vais me dire à moi-même: « C’est le soleil qui me donne cette sensation de chaleur ».
On va avoir un discours interne sur tout.

Peu de personnes savent qu’on peut contrôler ce discours interne. En effet, comme cette discussion est devenue un automatisme et qu’elle se produit de manière quasi inconsciente, beaucoup de personnes pensent qu’on n’a aucun contrôle sur elle et qu’on ne peut que « faire avec » ou « la subir ».

Ce n’est pas le cas! Nous pouvons agir sur ce discours interne.

Anthony Robbins propose un exercice simple qui permet de stopper ce discours interne qu’on ne souhaite plus entendre. Sa technique, issue de la PNL (Programmation NeuroLinguistique), permet d’interrompre une pensée obsédante et intrusive.

Comment interrompre une pensée ou un discours intrusif, obsédant, répétitif et désagréable?

  1. identifier la pensée ou le discours interne non-voulu (obsédant, intrusif, inacceptable,…)
  2. baisser le volume de ce discours. Comme on baisserait le volume d’une radio qui nous gêne, je vous invite à baisser mentalement le volume de cette pensée intrusive et obsédante ou de ce discours interne qui ne vous convient plus. Baissez le volume de cette pensée, de ce dialogue interne. Atténuez la voix qui résonne dans votre tête, éloignez-la (Robbins, 1989).

Pour découvrir quelques techniques pour en reprendre le contrôle, rendez-vous ici:
Astuce pour gérer une pensée intrusive

Bibliographie

Robbins, A. (1989). Pouvoir illimité: changez de vie avec la PNL.

Astuce pour gérer une pensée intrusive

Comment interrompre une pensée ou un discours intrusifs, obsédant, répétitif et désagréable?

  1. identifier la pensée ou le discours interne non-voulu (obsédant, intrusif, inacceptable,…)
  2. baisser le volume de ce discours. Comme on baisserait le volume d’une radio qui nous gêne, je vous invite à baisser mentalement le volume de cette pensée intrusive et obsédante ou de ce discours interne qui ne vous convient plus. Baissez le volume de cette pensée, de ce dialogue interne. Atténuez la voix qui résonne dans votre tête, éloignez-la (Robbins, 1989).

Que faire si on entend une voix qui nous empêche d’agir?

Robbins (1989) répond: Laissez-la désormais dire la même chose, mais donnez-lui un ton enjôleur presque câlin: « Non, tu ne peux pas faire ça. » Quel effet cela produit? En principe, vous allez avoir très envie de faire ce que la voix vous interdit de faire.


Question de L.
Comment baisser le son mentalement de ces intrusions?
En ne s’y arrêtant pas sans doute?!?

Réponse de Carole

Non, ce n’est pas en ne s’y arrêtant pas que l’on peut baisser ces intrusions.

Lorsqu’elles viennent, tu sais les écouter puisqu’elles te font de l’effet (= elles te sapent le moral). Tu sais donc les écouter mentalement. Donc écoute une de ses pensées intrusives. Maintenant que tu l’entends bien, baisse le volume mentalement. Cela demande un petit effort au début, mais lorsque tu as compris comment faire, ce sera nettement plus facile de faire baisser le son de cette pensée intrusive.

Imagine-toi que cette pensée s’éloigne. Plus elle est loin de toi, moins tu l’entends. C’est comme si une personne te parlait en s’éloignant. Quand elle est proche de toi tu entends bien ce qu’elle te dit et au fur et à mesure qu’elle s’éloigne tu l’entends de moins en moins bien, pour ne plus l’entendre du tout lorsqu’elle est très éloignée de toi.

Maintenant, si ta pensée intrusive est une image (si tu la vois mentalement), tu peux procéder autrement. Regarde cette image. Est-ce que lorsque tu la rends plus lumineuse, elle est plus intense et te déprime / angoisse encore plus? Si c’est le cas, diminue la luminosité de cette image, rend la plus sombre. Tu peux également l’éloigner de toi (ou t’éloigner d’elle). Regarde cette image et décide de la laisser s’éloigner, de la rendre plus petite. Pose-la sur le wagon d’un train et regarde-la s’éloigner sur ce train qui part depuis le quai de la gare. Elle devient de plus en plus petite, jusqu’à fuir à l’horizon te laissant ainsi tranquille ;). Si elle revient par le prochain train, ne te laisse pas faire ;)! Remets là sur un autre train et envoie-la balader très loin de toi ;)! Recommence chaque fois qu’elle revient et elle reviendra de moins en moins souvent pour finir par ne plus revenir du tout. Et moins cette image sera là, moins elle aura un effet négatif sur toi.

Au début, cela demande un effort d’inverser le processus. Nous avons tellement l’habitude que ces pensées soient là que nous les accueillons presque en en augmentant le volume ou la luminosité ou l’intensité de notre accueil sur le quai de gare. On leurs laisse trop de place. On les laisse venir et même on en augmente l’intensité. Inverser cet accueil, ce n’est pas les ignorer, c’est les éloigner activement. Elles apparaissent, on ne laisse pas s’installer! On les embarque dans le premier train qui passe et on accélère la vitesse du train = on force la pensée à s’éloigner.
Elles envahissent notre tête par leur voix, par leur discours incessant! On les fait taire en s’éloignant d’elles (tu les laisses planter là et tu t’éloignes pour ne plus les entendre) ou en les forçant à s’éloigner de nous (tu les imagines en train d’être expulsées dans l’espace: plus elles s’éloignent, moins tu les entends et quand elles sont dans la stratosphère, elles ne peuvent plus te nuire, car tu imagines bien que leur voix ne portent pas jusqu’à la terre 😉 ).

Pour faire disparaître une pensée intrusive, tu as donc plusieurs moyens.
Si tu es visuelle et que tu vois une image qui te rend triste ou angoissée, tu peux travailler sur les propriétés de l’image: diminuer la taille de l’image, diminuer la luminosité de l’image, mettre l’image dans une boîte pour ne plus la voir, ajouter des choses dans cette image pour en changer l’émotion qu’elle te renvoie (par exemple un clown qui fait des bêtises et qui te fait bien rire,….
Si tu es auditive et que tu entends un discours (une voix) qui te rend triste ou angoissée, tu peux travailler sur les propriété du son: diminuer le volume de cette voix, éloigner cette voix (en la forçant à embarquer sur un train direction le pôle nord et ainsi en la forçant à diminuer de volume au fur et à mesure qu’elle s’éloigne de toi), déformer cette voix (= la rendre sensuelle, douce, comique ou enjôleuse… Par exemple, donne lui la voix de Donald Duck et tu verras que ses paroles auront beaucoup moins d’impact sur toi….)

Tu peux également combiner les deux modalités (visuelle et auditive) en travaillant sur l’image et le son d’une scène qui te revient sans cesse en tête.

On peut modifier l’impact que des souvenirs ou des pensées ont sur nous en changeant leur intensité émotionnelle. En insérant un clown dans une scène déprimante ou en donnant la voix de Donald Duck à une pensée négative, alors on peut changer l’impact émotionnel que cette image ou cette pensée a sur nous.
Pour cela, il faut bien évidemment travailler activement sur cette pensée, cette image ou ce souvenir pour en modifier les propriétés (visuelle, auditive, kinesthésique (=température,…)).

Cela demande un effort, mais une fois qu’on a compris le truc, on est en mesure de changer les pensées qui ne nous conviennent plus et qui nous nuisent.


Réponse de L.
Très intéressante ta réponse. Cependant tu sais bien, que les pensées s’enchaînent très rapidement. Je vais essayer de mettre la 1ere dans le train, peut-être cela arrêtera t’il les autres.

Réponse de Carole:

Oui, les pensées peuvent s’enchaîner rapidement. Cette propriété d’enchaînement a deux implications:

1. si tu identifies la première pensée, celle qui déclenche toutes les autres par effet domino et que tu travailles sur celle-ci, alors en la faisant taire (en l’éloignant, en baissant le volume, ….), par ce même effet domino, tu vas empêcher les autres de se déclencher et tu casseras ainsi l’enchaînement

2. sachant que les pensées peuvent s’enchaîner rapidement, autant faire en sorte que ce soit des pensées agréables qui s’enchaînent ;). Pour ce faire, c’est en déclenchant volontairement une pensée agréable que l’on peut lancer l’effet domino des autres pensées agréables qui lui sont associées et qui ont l’habitude (=automatisme) de se déclencher dès que tu penses à cette image agréable

Pour lancer un enchaînement positif, il faut penser à un moment où on était super bien. En intensifier les couleurs, la luminosité. Rapprocher ce moment de nous. Voir l’image en super grand et se plonger dedans. Donner aux sons un timbre agréable (voix douce qui berce, rire, etc…). Ressentir une température agréable et humer les odeurs qui étaient présentes lorsque ce moment agréable s’est produit.

Pour chasser les pensées / images intrusives et permettre à notre cerveau d’enchaîner des pensées/images/sensations agréables, on peut donc procéder en 2 temps:
1. éloigner les images intrusives désagréables, les pensées pessimistes, les sensations désagréables
2. rapprocher les images agréables, les pensées apaisantes, les sensations de bien-être

 

 


Bibliographie

Robbins, A. (1989). Pouvoir illimité: changez de vie avec la PNL.

Actualités novembre 2016

SITE
Création d’une foire aux questions dans laquelle je mettrai les interventions que j’ai faites sur les forums, par email ou ailleurs sur Internet: FAQ de Carole

VIDEOS
Ma professeure de yoga Sandra et moi allons réaliser une série de vidéos destinée aux personnes en sevrage ou en post-servage. Notre idée est de vous proposer des exercices de yoga permettant de détendre le corps et l’esprit. Voir les vidéos: Pratiques de Yoga ou directement sur Youtube

Préparation d’une nouvelle série de vidéos sur la question: Pourquoi certains s’en sortent et d’autres pas? Pourquoi certains retrouvent une bonne qualité de vie après la médication psychiatrique et d’autres pas?

LIVRE
Rédaction de la partie « Réflexion sur la maladie mentale »

FORUMS
Mise en « stand-by » de mes interventions sur les forums. Ne disposant que de peu de temps chaque semaine pour aider les victimes de la médication psychiatrique, j’ai décidé qu’il serait plus utile, pour le moment, que je concentre mes efforts et mon temps sur les activités qui me permettent d’informer le plus grand nombre.
Toutefois, je reste bien évidemment présente sur le forum de Thérèse ;), même si je n’assure plus de suivis individuels.

Merci de votre compréhension et surtout merci à Thérèse, JP et au reste de l’équipe du forum qui sont présents quotidiennement aux côtés des personnes qui ont besoin de soutien, d’aide et de conseils individuels concernant leur sevrage et la gestion de leurs symptômes. Merci d’être là! Vous êtes formidables, j’admire votre travail!!

PROJETS
Retrouvez un aperçu de mes projets sur la page Projets.

Très bon week-end à tous,
Cordialement,
Carole

Retour d’une vague de symptômes un an après le sevrage

Après le sevrage, mon état s’était un peu amélioré: les symptômes étaient moins intenses. Mais tout à coup, une énorme vague de symptômes m’a submergée. Je ne comprends pas pourquoi tous mes symptômes sont revenus un an (deux ans, trois ans, …) après le sevrage, avec une intensité aussi grande.

En 2009, je me suis retrouvée dans une situation inhabituelle et une vague de symptômes d’une très grande intensité est revenue, alors que cela faisait quelques mois que ça allait mieux niveau symptômes.

En 2009, soit un peu plus d’une année après mes sevrages rapides, j’avais repris un peu le contrôle de mes symptômes en suivant à moitié les méthodes proposées dans le guide: « L’anxiété pour les nuls ». Je pouvais à nouveau faire quelques activités et me déplacer pas trop loin de chez moi. Mais à l’automne 2009, j’ai voulu griller les étapes (et bien les griller) en allant passer quelques jours en Angleterre. Pour moi qui n’allait pas plus loin que dans les alentours de mon village, le saut a été faramineux. Mais quand on se croit plus fort que notre organisme et qu’on ne l’écoute pas, les conséquences sont terribles….

Jusqu’à l’aéroport, ça c’est assez bien passé. J’ai essayé de me détendre tant bien que mal et mes symptômes sont restés à un niveau acceptable. Mais une fois dans l’aéroport, ça allait déjà beaucoup moins bien et les symptômes ont commencés à me submerger: l’état d’alerte était lancé. Ne maîtrisant pas tous les outils pour faire stopper l’état d’alerte ou du moins pour l’empêcher de prendre une ampleur extrême, j’ai été submergée par l’angoisse. Ainsi, au moment d’entrer dans l’avion, je me suis retrouvée en état de panique extrême. Mon système d’alarme était au maximum et les symptômes de l’attaque de panique étaient ultra-intenses: sueurs, coeur à mille à l’heure, vertiges, pulsations dans la tête, déréalisation, dépersonnalisation,… je me sentais mourir….
Mais j’étais dans cet avion et je ne pouvais plus en sortir: la seule chose que je pouvais faire c’était me rendre en Angleterre.
Pour essayer de reprendre mes esprits (et essayer de stopper mes nausées), je me suis dit que j’allais boire un petit quelque chose. J’ai alors pris un thé puis un coca light…. je te laisse imaginer la suite… quelques temps plus tard, rebelotte deuxième attaque de panique, alors que les symptômes de la première n’étaient pas encore redescendus…
A mon arrivée à Londres, j’étais complètement défaite et épuisée par ce voyage et ces attaques de panique consécutives. Mais comme avec mon compagnon, nous avions décidé de rendre visite à son collègue qui était à Cambridge, je me suis dit qu’il fallait que je tue cette fatigue et que je me booste un peu. J’ai alors pris un bon café bien sucré au Starbuck… Autant te dire que le repas du soir en compagnie de ce collègue a été un enfer… J’étais nauséeuse, dans un état second… je ne comprenais pas ce qu’il se disait autour de cette table, tellement j’étais épuisée par ces boucles de montées et de descentes d’adrénaline.
Le séjour a continué et j’ai passé 5 jours atroces à faire attaques de panique sur attaques de panique, à ne pas dormir et à être dans un état second (déréalisation / dépersonnalisation) tellement les vagues d’angoisse me terrassaient.
Bien évidemment, pour ne rien arranger, pendant tout le séjour, j’ai bu du coca light et des cafés. J’ai également bu quelques bières dans les pubs et j’ai certainement consommé du glutamate dans les snacks…

Puis vient le moment du retour….. Comment allais-je pouvoir reprendre l’avion?
ça a été terrible parce qu’en plus cette fois je n’avais plus la belle confiance que j’avais lorsque j’ai décidé de faire ce voyage. Cette fois, j’avais peur. Je me sentais incapable de prendre l’avion, incapable de gérer mon corps, incapable de supporter cette vague d’attaque de panique en étant confinée dans un avion….
Je me suis vidée par tous les côtés dans les toilettes de l’aéroport, j’ai fait des crises de larmes et je me suis mise à trembler de manière incontrôlable… mais j’ai fini par prendre cet avion et bien évidemment, vu dans les conditions dans lesquelles je m’étais mise, j’ai fait une énorme attaque de panique dans l’avion… j’ai cru que je devenais folle et que rien ne pourrait me ramener à la raison, à un état mental sain. J’étais comme ailleurs, dans un monde parallèle. Je voyais les autres et moi-même depuis l’extérieur… je n’étais plus là…
(Si j’en avais parlé à un psychiatre en rentrant, je suis certaine qu’il m’aurait collé des diagnostics comme: psychose, schizophrénie, etc… alors qu’il ne s’agit en fait que d’un état d’alerte physiologique tellement intense que le corps, pour nous protéger, nous envoie des décharges d’hormones du stress qui nous font « quitter la réalité ».)

Le retour a été difficile, mais ça ne s’est pas arrêté là. Après ce séjour, mon état d’alerte ne redescendait plus. Et moi, têtue, je voulais quand même faire les choses que je réussissais à faire une semaine auparavant. Pour moi, il n’était pas question que je me prive des seules choses que j’avais pu reconquérir. Cette obstination à vouloir tout faire malgré les signaux d’alerte, m’a coûté cher: je suis revenue à la case départ: enfermée chez moi à faire attaques de panique sur attaques de panique.
Par dessus le marché, quelques semaines après ce séjour en Angleterre, nous déménagions. Un déménagement est un autre très grand changement qui peut déclencher un état d’alerte. En effet, notre organisme qui a ses habitudes dans son environnement familier se trouve tout à coup sans repères, car il est dans un environnement qu’il ne connaît pas. Les premiers mois ont été très durs, parce que je me retrouvais dans une nouvelle maison dans un village que je ne connaissais pas. Tout était étranger pour moi. Un système nerveux en état d’alerte maximal couplé à un environnement complètement nouveau, ça a fait un mélange détonant: mes symptômes d’angoisse ne descendaient plus d’intensité et les hallucinations visuelles ont refait leur apparition: je voyais les montagnes se rapprocher de moi. Les acouphènes se sont intensifiés, les insomnies ont repris le dessus et nombre d’autres symptômes sont réapparus. C’est à ce moment-là, en 2010, que j’ai décidé de chercher d’autres méthodes que celles que j’avais déjà mises en place pour gérer l’anxiété. J’ai contacté une thérapeute TCC (Thérapie cognitive et comportementale), mais elle voulait que je me déplace chez elle pour les séances alors que je n’arrivais plus à conduire ma voiture. J’ai essayé les plantes et plein d’autres choses, mais ça ne donnait rien. Puis, j’ai trouvé la méthode de Geert et c’est elle qui m’a donné les clés pour comprendre pourquoi mon état d’alerte se maintenait. J’ai compris que:

1. je consommais des substances qui produisaient des symptômes (=des états physiologiques) semblables à ceux de l’état d’alerte
2. j’avais un discours interne qui maintenait mon état d’hypervigilance
3. j’avais pas utilisé la bonne stratégie pour gérer mon état d’alerte (j’ai voulu aller beaucoup trop vite sans avoir les bons outils pour le faire)
4. je manquais cruellement d’outils pour gérer les angoisses (=pour les prévenir, pour les stopper quand elles sont là et pour éviter qu’elles ne maintiennent après avoir été exposée à des événements stressants)

Ce sont ces clés qui m’ont permis de comprendre comment se déclenche notre état d’alerte, comment il se maintient, comment le stopper (=le gérer) lorsqu’il est au maximum et comment analyser une situation dans laquelle l’état d’alerte s’est déclenché.

J’ai compris qu’il fallait être très méthodique dans la mise en place des stratégies pour gérer notre état d’alerte (surtout que notre état d’alerte se déclenche souvent vraiment plus vite lorsqu’on est passé par la case médication psychiatrique).
J’ai également compris qu’il fallait que je modifie mes stratégies si elles ne m’apportaient pas les résultats escomptés. Depuis lors, je n’ai plus eu une seule attaque de panique, car j’ai réussi à mettre en place des techniques pour gérer chacun des aspects du circuit de la peur (circuit de l’état d’alerte).

La première chose que j’ai dû faire, c’est briser le cercle vicieux qui m’avait replongée dans cette énorme vague de symptômes. Comment j’ai fait?

1. Je ne me suis plus exposée à des situations extrêmement stressantes, car il fallait que je fasse « redescendre ma physiologie » (=le niveau d’état d’alerte).

2. J’ai arrêté de fonctionner avec ma tête et j’ai commencé à écouter mon corps (=j’ai arrêté de me dire: il faut, il faut, il faut absolument que j’arrive à faire si ou à faire ça comme je le faisais avant, j’ai commencé à me dire: bon, ton corps surréagit à quelque chose, il va falloir que tu l’écoutes et que tu y ailles à son rythme).

3. J’ai écouté les conseils d’une personne qui était passée par là et qui s’en était sortie et j’ai mis ses conseils (techniques, stratégies,…) en pratique avec conviction.

Briser le cercle vicieux qui maintient l’intensité des symptômes à un niveau ++++

Le cercle vicieux prend la forme suivante:

(a) Une Menace qui déclenche:
(b) Un état d’alerte (= physiologie qui s’active = symptômes). On commence à avoir:
(c) Peur de ces symptômes. Le fait d’avoir peur de ces symptômes envoie un signal à l’organisme qui lui dit attention, je suis dans cet état d’alerte, cela veut dire qu’il y a:
(a’) Une menace. Cette menace augmente le niveau de
(b’) L’état d’alerte ce qui provoque une augmentation de l’intensité des symptômes (parce qu’on a peur d’eux et que le simple fait d’avoir peur d’eux augmente le niveau d’alerte puisque nous les identifions comme une menace et que lorsqu’il y a menace (quelle qu’elle soit) l’organisme se met en état d’alerte). Comme l’intensité des symptômes augmente encore d’un cran, on a encore plus:
(c’) Peur de ces symptômes

On va donc briser ce cercle vicieux à plusieurs niveaux:

1. au niveau de la menace (a), en ne s’exposant plus (pour le moment) aux situations ultrastressantes

2. au niveau de la physiologie (b), de l’état d’alerte. Comment faire?
– en évitant de consommer les substances qui déclenche cet état physiologique d’alerte (aspartame, glutamate (E621), caféine, alcool, gaz carbonique (pour certains), sucre, boissons énergisante, etc…)

– en utilisant des techniques pour calmer notre physiologie (= on va envoyer, à notre organisme, un signal contraire à celui qu’il reçoit: au lieu de recevoir des signaux externes et internes qui lui disent qu’il y a une danger et qu’il faut lancer l’état d’alerte, nous allons lui envoyer des signaux externes et internes qui lui disent que la situation est paisible). Pour envoyer ces signaux d’apaisement à notre physiologie, on va mettre en place diverses techniques (technique de respiration, relaxation, cohérence cardiaque, sophrologie, bains chauds, massages, méditation, yoga, ….). Pour prendre un exemple avec les techniques de respiration: en respirant à un certain rythme, nous allons pouvoir envoyer un message à notre corps. En effet, lorsqu’on est en état d’alerte, la respiration se fait rapide. Cette fréquence respiratoire rapide va envoyer un signal au système circulatoire, elle va lui indiquer que quelque chose se passe et que lui aussi il devrait s’activer un peu plus. Alors le système circulatoire s’active et pulse le sang plus rapidement pour alimenter les muscles. Le système musculaire reçoit alors plus de sang et il se dit qu’il doit se passer quelque chose puisque le système circulatoire lui envoie plus d’oxygène et de nutriment. Il s’active à son tour et tends tous les muscles. Et ainsi de suite: lorsqu’un système se met en état d’alerte, alors par effet domino, les autres ne mettent pas longtemps à se mettre dans le même état pour être « en accord » avec ce qui se passe dans le reste de l’organisme. On comprend comment envoyer un signal d’alerte à notre organisme. Mais ce qu’on oublie souvent, c’est qu’on peut envoyer un signal d’apaisement de la même manière ;). Ainsi en utilisant des techniques de respiration qui apaisent l’organisme, on peut envoyer un signal d’apaisement à tous les systèmes de notre organisme: une respiration lente et calme enverra au système circulatoire un message qui dit: je respire calmement parce que tout est ok, accorde ton rythme au mien pour qu’on produise la physiologie adéquate à la situation.
Souvent, lorsqu’on commence à apprendre de techniques de respiration, on a l’impression que nos symptômes s’aggravent et que l’état d’alerte s’intensifie. Ce qui se passe, c’est que chacun des systèmes identifie un changement dans l’environnement: tout à coup, on passe à une respiration inconnue. Du temps que les systèmes réalisent que cette nouvelle fréquence respiratoire n’est pas une menace (ils ont tellement pris l’habitude de considérer n’importe quel changement comme étant une menace, qu’il leur faut un petit moment pour réaliser que ce n’en est pas une ;)), il se passe donc un petit laps de temps au cours duquel les systèmes intensifient leur activité avant de la réduire en constatant que c’est un signal d’apaisement et non un signal d’alarme.

en pratiquant une activité physique modérée, car cette dernière va envoyer un signal à votre organisme qui lui dit que tous ces systèmes fonctionnent bien et en harmonie. L’activité physique modérée est un bon moyen d’envoyer un signal d’apaisement à l’organisme (par l’activité physique notre organisme constate que ces systèmes sont fonctionnels). Par ailleurs, l’activité physique est un bon moyen de reprendre contact avec nos sensations corporelles que nous avons si souvent fuies et/ou fait taire. Je reparlerai de lien corps-esprit plus tard.

3. au niveau de la cognition, du dialogue interne (c): Pour briser le cercle vicieux, il est important d’avoir un discours interne positif: ne plus voir les symptômes de l’état d’alerte comme les manifestations de graves dysfonctionnements de notre organisme. Il est important de voir ces symptômes pour ce qu’ils sont: les manifestations de notre système d’alerte: c’est notre organisme qui se met dans un état pour combattre ou pour fuir une menace (ours, ouragan, etc…). On va alors essayer de voir s’il y a une réelle menace externe (pour reprendre l’exemple de ma situation: oui, il y avait une menace externe (a): prendre l’avion alors que cela faisait des années que je ne l’avais plus pris. Est-ce que maintenant (des mois après) cela constitue toujours une menace? Non, cela fait des mois que j’ai « vaincu » cette menace (=que j’ai pris l’avion sans encombre). Par conséquent, le discours interne que je peux me tenir est: « cela fait longtemps que la menace a été vaincue. J’ai été hyperforte et je peux être fière de moi d’avoir réussi à prendre l’avion alors que ce n’était pas le moment (trop tôt, j’ai sauté trop d’étapes 😉 ) et que je n’étais pas armée des outils nécessaires pour le faire (technique de relaxation pour détendre ma physiologie, technique cognitive et comportementale pour gérer la montée de l’état d’alerte et théorie pour comprendre les mécanismes du circuit de la peur). Je ne dois plus me voir comme quelqu’un d’incapable, de malade, de stupide ou d’inutile (dialogue interne négatif), je dois plutôt me voir comme quelqu’un de très capable qui a su gérer cette grosse épreuve (voyage en avion non préparé (au niveau gestion des symptômes)) avec les moyens du bord. Je dois me voir comme quelqu’un en bonne santé, dans le sens où mon système d’alerte est fonctionnel ;), je dois me voir comme quelqu’un d’intelligent, parce que j’ai compris que ces symptômes n’étaient pas la manifestation d’une maladie mentale, mais uniquement la manifestation de mon état d’alerte. Je dois également me voir comme quelqu’un d’intelligent, parce que j’ai su m’adapter en cherchant des moyens de modifier mes stratégies lorsque les résultats que j’obtenais ne me convenaient pas. Etc…
Croire en soi, en ses capacités. Se sentir fort et invicible et interpréter les signaux d’alerte envoyés par notre corps pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des signaux d’alerte, et pas pour ce qu’ils ne sont pas (ce ne sont pas des manifestations d’un dysfonctionnement profond de notre organisme), permet de percevoir les manifestations de l’état d’alerte autrement: de ne plus les voir comme une menace! Et lorsqu’on arrive, mentalement, à se dire et à croire au plus profond de nous-mêmes que ces manifestations ne sont pas une menace, alors on brise le cercle vicieux.

En effet, le cercle vicieux se brise lorsqu’on ne perçoit plus nos symptômes comme des menaces

Cercle vicieux de la peur:

(a) Menace => (b) état d’alerte => (c) peur de cet état d’alerte (parce que vu comme une menace (a’)) => (b’) augmentation du niveau du niveau d’état d’alerte (=intensification des symptômes) => (c) peur de cette augmentation de l’intensité des symptômes = la menace augmente (a’) => augmentation (encore) de l’état d’alerte (b’)…et on tourne en boucle dans ce cercle vicieux: on auto-alimente notre état d’alerte et c’est ce qui maintient nos symptômes.

Cercle vicieux brisé:

(a) Menace => (b) état d’alerte => (c) je n’ai pas peur de ces symptômes (pour l’organisme, cela lui envoie le message: il n’y a pas de menace) => le niveau d’alerte redescend => l’intensité des symptômes diminue… => le cercle vicieux est brisé, parce qu’on auto-alimente plus notre état d’alerte et par conséquent, les symptômes se mettent à diminuer, pour finir par disparaître.

Les points à retenir:

L’organisme accorde sa physiologie avec la situation qu’on vit: si on vit une situation externe stressante (séparation, difficultés familiales, difficultés professionnelles, ondes wifi, environnement bruyant, etc..), il va se mettre en état d’alerte. Si on vit une situation interne stressante (des substances qui stressent les systèmes de notre organisme (aspartame, E621, caféine, médicaments psychiatriques, substances qui agissent sur le système nerveux, problème au niveau de la flore intestinale, douleurs, changements hormonaux, …), il va se mettre en état d’alerte pour nous signaler qu’il se passe quelque chose de pas clair et qu’il serait bien qu’on modifie quelque chose pour que ces facteurs qui stressent notre physiologie soient enrayés.

L’organisme accorde sa physiologie avec ce qu’on « pense » de nos symptômes! Si vous pensez que vos symptômes sont une menace, alors votre organisme va se mettre en état d’alerte et vous allez lancer le cercle vicieux de la peur. Si vous pensez que vos symptômes sont les manifestations d’un état physiologique particulier (ici, l’état d’alerte) et que vous savez (que vous pensez) que cet état n’est pas une menace, alors votre physiologie va s’accorder avec ce constat: il n’y a pas de menace, je peux descendre l’état d’alerte.

– Plus généralement, l’organisme accorde sa physiologie avec ce qu’on pense de nous-mêmes, de notre existence, de nos capacités, …! Si vous pensez que vous avez une maladie grave, alors votre organisme va accorder votre physiologie avec cette croyance. Si vous pensez que votre existence est déprimante et que vous allez échouer dans tout ce que vous faites, alors votre organisme va accorder votre physiologie avec cette pensée: vous allez déprimer et vous allez souvent échouer…

Souvent nous oublions le fort lien bidirectionnel (la boucle) qui existe entre notre tête et notre corps. Nous sommes un tout et l’état de notre organisme agit sur notre mental (nos pensées, etc…) et l’état de notre mental agit sur notre organisme.

Pour prendre un exemple,
– Lorsque nous sommes cloués au lit avec la grippe (=notre organisme, cloué au lit, est limité dans ses mouvements et ses actions), alors souvent notre mental chute (=on déprime un peu parce qu’on ne peut pas faire ce qu’on avait prévu de faire: notre mental « sent » que notre organisme est diminué).
– Lorsque nous appréhendons négativement une situation future (une réunion importante, un examen, etc…), lorsque nous pensons que ça va mal se passer, nous nous sentons moins bien: quelques tensions apparaissent dans notre dos, une boule commence à se former dans notre gorge, notre ventre se noue, on a moins faim, etc… Notre organisme modifie son fonctionnement en fonction de ce que nous pensons d’une situation.

Notre organisme modifie son fonctionnement en fonction de ce que nous pensons et nos pensées (notre état mental) se modifie en fonction des situations physiques que nous vivons. C’est normal et c’est ce qui nous permet de vivre et de nous adapter à chaque situation que nous rencontrons. Le problème, c’est quand nous laissons ce processus partir en cercle vicieux. En effet, si notre organisme modifie son état physiologique pour s’adapter à une situation stressante (un stress au travail par exemple), et que nous interprétons  cette modification physiologique comme la marque d’une maladie mentale (au lieu de d’interpréter ces modifications physiologiques comme les manifestations de l’état d’alerte qui nous signifie que quelque chose dans notre environnement menace notre organisme), alors on peut vite partir dans un cercle vicieux qui va entretenir (auto-alimenter) notre état physiologique d’alerte. En effet, si nous interprétons ces changements physiologiques comme étant des manifestations d’un problème interne chez nous (=une maladie mentale) plutôt que d’un problème externe (= mon environnement de travail est stressant), notre mental va s’activer à modifier notre état interne pour le faire correspondre à ce qu’on pense: On pense qu’on a une maladie mentale, alors notre organisme va commencer à en manifester les symptômes. Et plus on aura de symptômes, plus on va penser qu’on a réellement une maladie mentale…

Maladie mentale ou effets secondaires des médicaments psychiatriques?

Le lien cognition (=pensées, réflexion, jugement, croyance, valeurs, attente, mémoire, attention, …) organisme (physiologie, métabolisme, biologie, comportement, etc..) est très important et c’est souvent ce que nos sociétés modernes oublient lorsqu’elles tentent de « soigner la maladie mentale »: elles oublient que nous ne sommes pas qu’une physiologie, mais nous sommes également un mental, un esprit, des pensées. En nous prescrivant des médicaments psychiatriques pour faire taire notre physiologie, elles oublient que ce n’est pas en clouant notre organisme « au lit » qu’on peut faire taire nos pensées. Par ailleurs, en forçant l’organisme, à grands coups de substances chimiques, à plonger dans un état physiologie donné, elles orientent nos pensées. En effet, l’organisme qui est entravé dans son fonctionnement par ces substances va envoyer un signal d’alarme dès qu’il pourra. Ce signal d’alarme prendra la forme de manifestations physiologiques. Les firmes pharmaceutiques et les psychiatres appelleraient certainement ces manifestations: des effets secondaires des médicaments ou la manifestation de la maladie mentale de leur patient. Pour moi, ces manifestations physiologiques, ces effets secondaires qui apparaissent lorsqu’on prend des médicaments psychiatriques sont bel et bien des signaux physiologiques qui nous indiquent qu’il y a quelque chose qui entrave notre organisme, qu’il y quelque chose qui le menace.

Nous allons ressentir ces symptômes et nous allons commencer à les interpréter (notre esprit va tenter de comprendre ce qui se passe afin de pouvoir adapter nos pensées à notre état physiologique et notre état physiologique à nos pensées). Souvent on ne va pas interpréter correctement ces signaux d’alerte. On va se dire que cet état nauséeux, cette migraine, ces pensées étrangères, cette fatigue, cette aggravation de l’humeur dépressive, cette intensification de l’anxiété, qui sont apparus quelques temps après les premières prises des médicaments sont le signe qu’on a vraiment un problème, alors qu’on aurait du interpréter correctement ces signaux en se disant: se sont les substances chimiques que me donnent le psychiatre qui produisent ces symptômes et me rendent malade. En interprétant mal les signaux physiologiques que nous envoie notre organisme: en se disant que ces manifestations physiologiques sont les signes d’une maladie mentale plutôt que le résultat de l’action des substances psychiatriques sur notre physiologie, on se maintient dans un cercle vicieux où tous les symptômes (état de l’organisme) produits par les médicaments sont interprétés (cognition) comme les signes d’un trouble grave, comme les preuves qu’on a une maladie mentale.

 

Pourquoi plusieurs mois après l’arrêt des médicaments mes symptômes sont-ils toujours si intenses?

Pourquoi est-ce que des mois après l’arrêt des médicaments, mes symptômes sont-ils toujours si intenses? Je fais beaucoup d’efforts pour vaincre mes crises d’angoisses et mes attaques de panique, mais ces symptômes persistent? Cela me remplit de haine…

Jusqu’à maintenant, il me semble que ta colère, ta haine et ta peur t’empêchaient d’utiliser les magnifiques capacités que tu as en toi. Tu avais tellement de colère en toi, que tu étais comme aveuglé et paralysé, ce qui t’empêchait d’avancer.

Il me semble qu’aujourd’hui, tu as franchi un cap: tu as accepté de laisser un peu ta colère de côté et d’utiliser ton énergie pour avancer. Lorsqu’on te lit, on sent que tu essaies de canaliser ton énergie pour qu’elle te serve pour avancer et non plus pour qu’elle sorte en colère et en haine contre tout ce qui t’entoure…

Je suis passée par cette étape cruciale où on comprend qu’on ne peut plus haïr tout le monde pour ce qui nous arrive et qu’il serait mieux de d’utiliser cette violente haine qui nous prend pour construire quelque chose plutôt que pour détruire les seules choses qui nous restent.

Comme tu sembles aimer savoir comment j’étais après 2 ans de post-sevrage, je vais utiliser mon vécu pour t’expliquer comment j’ai avancé: comment j’ai transformé ma haine en force de vie …

J’ai terminé mon dernier sevrage de manière brutale en été 2008, mais en 2010, je faisais face à une grande vague de symptômes d’angoisse atroces. Ces symptômes étaient tellement intenses, que j’ai cru que quelque chose était foutu en moi et que ce quelque chose, je ne pourrai jamais le réparer. Comme je l’ai déjà expliqué, je subissais plusieurs attaques de panique par jour (et même la nuit). J’étais incapable de franchir le seuil de ma porte sans être victime de vertige, sans avoir le coeur qui bat à 100 à l’heure, sans avoir la nausée et sans avoir la diarrhée… Bref, je me sentais mourir plusieurs fois par jour, comme si un disjoncteur pétait et que mon cerveau et mon corps se mettaient à dérailler…
Bien plus tard, lorsque j’ai à nouveau été capable de lire, d’apprendre et de comprendre les choses, j’ai appris que c’était simplement le circuit de la peur qui s’était mis en boucle et qui marchait à fond la caisse. Lorsqu’on a trop peur (sentiment), notre organisme ne descend plus son système d’alerte, il est en alerte rouge 24h sur 24. Et quelles sont les conséquences de cet état d’alerte qui se maintient pendant des jours et des jours, puis pendant des mois et des mois, eh bien, ce sont des symptômes comme:
– des vertiges (à cause des décharges d’hormones de stress),
– des essoufflements (le système respiratoire fonctionne à plein pratiquement en continu pour être sûr que les muscles de l’organisme soient bien oxygénés et ainsi prêts à faire face à la menace), cette suroxygénation provoque elle aussi des vertiges
– une fréquence cardiaque haute (pour que l’organisme soit prêt à agir contre la menace, le coeur pompe fort pour envoyer du sang oxygéné (et plein d’hormones du stress (adrénaline, cortisol, épinephrine, …) à tous les organes
– augmentation de la température corporelle (avec toute cette activité (sanguine, respiratoire, hormonale, ….) le corps se réchauffe)
– dépersonnalisation et déréalisation (à cause de tous ces changements physiologiques qui modifient nos sensations corporelles et nos perceptions en vue de nous préparer à un « combat à mort »). Ces deux symptômes se produisent plus particulièrement lorsque nos systèmes sont au maximum)

Comme l’organisme est en état d’alerte quasi permanente, qu’il fait fonctionner tous ses organes et ses systèmes à haut régime, rien d’étonnant à ce qu’il ne lui reste plus beaucoup d’énergie pour faire une activité comme marcher 100 mètres ou décharger du bois …

Par ailleurs, la colère est un des moyens qu’utilise l’organisme pour décharger ce surplus d’énergie stocké pendant l’état d’alerte. En effet, lorsque tu demandes à des personnes de se mettre en état d’alerte pendant des semaines et de semaines, mais qu’il ne se passe aucun événement sur lequel elles pourraient agir, alors, elles commencent à être nerveuses et à « décharger leurs nerfs » sur les personnes qui les entourent. Je ne sais pas si tu as déjà vu des films où tout un équipage est en état d’alerte maximal parce qu’ils savent qu’un menace plane sur eux et qu’ils doivent se tenir prêts! Si pendant plusieurs jours, ils ne voient pas l’ennemi, alors ils commencent tous à péter les plombs et à se battrent entre eux ou à faire des choses stupides. Pourquoi font-ils ça? Parce qu’ils ont besoin d’agir, de faire quelque chose. Ils sont remontés à bloc, leurs organismes sont remontés à bloc, par l’état d’alerte et il arrive un moment où, ils ont besoin de décharger cette énergie et d’agir pour faire disparaître cette menace.
Normalement, notre organisme est fait pour se mettre en état d’alerte face à un danger réel (ours, ouragan, canon d’un fusil pointer sur nous, etc…). Notre corps se met en état d’alerte de sorte que tous nos systèmes et nos organes puissent agir pour mettre la menace hors d’état de nous nuire. Face à un animal féroce qui nous attaque, nos muscles reçoivent plein d’oxygène et se gorgent de sang pour nous permettre de nous battre ou de fuir. Nos organes, dont notre cerveau, reçoivent une décharge d’adrénaline pour que nous ne sentions pas la douleur si nous sommes blessé lors du combat ou pour que nous ne ressentions pas la fatigue (musculaire et autres) si nous courrons comme des dératés pour fuir la menace…

Comment ce système fonctionne-t-il pour nous qui sommes en mode ultravigilance après l’arrêt des médicaments psychiatriques?

Eh bien, revenons d’abord un peu en arrière. Lorsqu’on prenait des médicaments psychiatriques qui jouaient sur ce fameux circuit de la peur (Menace => organisme se met en état d’alerte => il se prépare à l’action => il agit pour sauver sa peau), ces produits empêchaient notre organisme de se mettre en état d’alerte. Le problème, c’est que ces produits ne faisaient pas disparaître la menace.
Par conséquent, comme la menace était toujours présente, le cerveau la repérait et faisait tout pour essayer de mettre en marche l’état d’alerte de l’organisme. Et nous que faisions nous lorsqu’on commençait à sentir les signes physiologiques de la peur (=l’état d’alerte), on reprenait un cachet pour faire taire cet état d’alerte.

Que ce passe-t-il une fois qu’on stoppe la médication psychiatrique qui contient l’état d’alerte?

Eh bien, tout notre équipage qui était à fond en état d’alerte au fond de la cave de notre cerveau et qui ne pouvait pas agir (car réprimé par les médicaments) se met au branle bas de combat et active tous les systèmes d’alerte. Le problème, c’est que l’équipage se pensent en temps de guerre. C’est comme s’il avait vécu 10 ans de guerre, mais au fond de son sous-marin. Il sait qu’il est en guerre, parce qu’il y a 10 ans en arrière quand on l’a envoyer se battre, il y avait la guerre (une menace planait sur lui et sur son pays). Mais comme ses écrans radars ont été brouillés pendant 10 ans par les médicaments, lorsqu’il refait enfin surface (lorsqu’on enlève les médicaments), il est en état d’alerte maximum depuis des années et il veut en finir avec cette menace qui lui tue les nerfs depuis 10 ans. Le problème est que le sous-marin fait surface dans une mer calme et plusieurs années après que la guerre se soit terminée. Il n’y a donc plus d’ennemi à combattre. Le problème est que l’équipage n’en a pas conscience et qu’il se refuse à baisser l’état d’alerte de peur de se faire prendre en embuscade par cet ennemi invisible….

Lorsque nous sortons de la médication et plus particulièrement lorsque nous faisons surface rapidement (sevrage rapide, brutal), nous sommes comme le sous-marin qui fait surface et qui est en état d’alerte maximal. Tout notre organisme est en état d’alerte de peur de rencontrer cet ennemi invisible contre lequel il n’a pas pu agir (pas pu se défendre) depuis des années.

Que faut-il faire pour faire comprendre à l’équipage qu’il peut baisser l’état d’alerte?

Comme cela fait 10 ans que ces systèmes fonctionnent à plein régime, il est important d’en contrôler l’état (visite chez le médecin pour contrôler le fonctionnement de tous les organes ;)) et d’ensuite de les aider à faire descendre leur régime. De plus, il est important de faire comprendre à notre équipage qu’on n’est plus en état de guerre et que la menace a été neutralisée.

Comment faire baisser le niveau d’alerte?

En agissant sur le système de la peur (système qui lance l’état d’alerte), en brisant le cercle vicieux:

Système de la peur qui fonctionne normalement:
Menace => état d’alerte => Combat ou fuite => disparition de la Menace

Système de la peur qui fonctionne en cercle vicieux:
Menace => état d’alerte => les manifestations de l’état d’alerte (essoufflements, vertiges, nausées, fréquence cardiaque élevée, dépersonnalisation et/ou déréalisation, …) qui sont perçues comme des menaces => augmentation du niveau de l’état d’alerte => ….

Lorsque le système de la peur part dans un cercle vicieux (ce qui arrive très souvent lorsqu’on arrête les médicaments psychiatriques qui le bâillonnaient depuis des années), alors la menace n’est plus seulement perçue comme externe (un ours, un ouragan, une situation professionnelle stressante, une séparation, un décès, un déménagement, n’importe quel changement stressant, n’importe quelle situation stressante), mais la menace est aussi perçue comme interne: les manifestations de l’état d’alerte de l’organisme sont perçues comme des menaces (essoufflements, sueurs, fréquence cardiaque qui augmente, bouffée de chaleur, nausées, vertiges, déréalisation, dépersonnalisation, etc…). Ainsi, les manifestations de cet état d’alerte qui devrait nous permettre de faire face à la menace externe, deviennent, à nos yeux, la menace…

On a peur de notre état d’alerte, alors que celui-ci est un état sain qui nous permet de faire face au danger. En ayant peur de notre état d’alerte, on augmente encore notre état de vigilance et nos systèmes se mettent à tourner à fond jusqu’à monter à l’état d’alerte maximal, c’est l’attaque de panique suivie de l’anxiété généralisée. L’attaque de panique vous signale que vos systèmes de défense sont à fond: ils sont prêts à défoncer la gueule de l’ours qui vous attaque ou à fuir à une vitesse inhumaine l’ouragan qui arrive sur vous. Mais, comme rien de tel ne se passe (qu’il n’y a pas de réelle menace vitale), votre corps ne peut pas décharger, sur une menace, toute cette énergie emmagasinée. Alors, cette énergie se décharge comme elle peut: colère, rage, pleurs, etc… Bien évidemment, comme après un combat réel contre un ours, on est épuisé, lessivé, vermoulus de crampes musculaires, vidé intérieurement, … La différence, c’est que ce n’est pas une vraie menace (ours, fusil, …) qui a déclenché notre état d’alerte, mais c’est notre propre peur des manifestations de l’état de l’alerte (fréquence cardiaque qui augmente, etc…) et qu’on n’a pas pu utiliser cet état d’alerte pour combattre la menace, puisque la menace (pour nous), c’est notre état d’alerte.

Je pense que tu commences à entrevoir où il va falloir intervenir pour briser le cercle vicieux.

Comment briser le cercle vicieux?

Il est possible de travailler à plusieurs niveaux pour briser le cercle vicieux:

1. Au niveau de la « menace ». Lorsque votre sous-marin refait surface, la menace originelle, celle qui a la plupart du temps été à l’origine de la prescription du médicament psychiatrique est soit depuis longtemps passée, soit est toujours présente et non gérée. Dans le premier cas, il va falloir informer votre équipage que la menace n’est plus là. Dans le deuxième cas, il va falloir mettre en place des moyens pour gérer cette menace et cette fois, il ne faudra pas choisir la médication psychotrope.

2. Au niveau des manifestations de l’état d’alerte = les symptômes. Pour pouvoir faire baisser l’intensité de vos symptômes et pour pouvoir les faire disparaître, il va falloir travailler sur les causes de ces symptômes:

  • Travailler sur le déclencheur: La cause originelle, la première cause, nous l’avons vu, est la présence d’un élément que votre organisme identifie comme une menace pour sa survie ou son intégrité. C’est cette identification par votre organisme d’un élément comme étant une menace qui va déclencher le circuit de la peur. La première chose à faire est donc de travailler à éliminer ce déclencheur (si vous pouvez le faire). En effet, la personne dont le déclencheur est un environnement de travail toxique pourra par exemple changer de travail ou parler avec son supérieur des problèmes qu’elle rencontre. En modifiant ses conditions de travail, la personne pourra certainement désamorcer le déclencheur et/ou le supprimer. Par contre, si le déclencheur de la personne est le décès de l’un de ses proches, alors il sera difficile pour elle de supprimer ce déclencheur. Ici, elle devra plutôt chercher du soutien et apprendre comment faire son deuil (c’est un vrai processus qui s’apprend).
  • Travailler sur les facteurs de maintien (=travailler sur les facteurs qui maintiennent l’état d’alerte). Quels sont-ils?
    1. les facteurs physiologiques
    2. les facteurs cognitifs (pensée, croyances, la mémoire, l’attention,…)
    3. les facteurs environnementaux

Courage, continue à avancer comme tu le fais. Même si tu ne vois pas de résultat pour le moment, continue à te battre, car sur le long terme, ça va payer!
Reprendre le contrôle de sa physiologie prend du temps, car il faut répéter et répéter encore les mêmes actions et les mêmes pensées jusqu’à ce que l’organisme les réintègre. C’est un marathon de longue durée…

Tu sais ce qu’est un entraînement de foot et tu sais que lorsqu’on débute, qu’on est novice, on est loin de maîtriser le ballon et c’est plutôt lui qui nous mène par le bout du nez. Lorsque tu as débuté le foot, tu n’arrivais certainement pas à faire des passes parfaites, des shoots magnifiques et des dribbles idéaux. Il t’a fallu répéter encore et encore tous ces gestes pour qu’au bout de plusieurs années ils deviennent faciles et « normaux » à réaliser.

Pour réapprendre à faire fonctionner sa physiologie, c’est pareil: on débute tout en bas de l’échelle et on répète les mouvements inlassablement jusqu’à ce qu’on les maîtrise. La grosse difficulté ici, c’est de ne pas baisser les bras parce qu’on doit tout réapprendre des mouvements qu’on maîtrisait facilement et sans effort il y a encore quelques années. Je sais que c’est dur de repartir à zéro et de devoir presque tout réapprendre comme un jeune enfant. C’est frustrant et énervant et c’est certainement pour cela que nombreux sont ceux qui baissent les bras avant même d’avoir commencé leur rééducation physiologique.
Et oui, il s’agit bien de cela: d’une rééducation complète des fonctions physiologiques et cognitives: on repart à zéro et c’est très frustrant et perturbant. Nous sommes comme la personne qui a eu un terrible accident et qui a eu les deux jambes polyfracturées et qui va passer des mois et des mois en rééducation pour retrouver l’usage de ses jambes.
Pour elle qui savait marcher et courir et qui utilisait ses jambes sans y penser, elle va devoir s’armer de patience, car elle va devoir commencer par répéter quotidiennement des exercices frustrants, comme bouger les orteils, tout en sachant que ce n’est pas le fait de pouvoir bouger ses orteils qui va lui permettre de marcher comme avant.
Si elle se décourage à cette première étape parce qu’elle n’obtient pas le résultat qu’elle voulait et qu’elle se dit qu’elle est foutue, que ses jambes sont flinguées et qu’elle ne retrouvera jamais ses capacités physiques d’avant, alors oui, il est clair qu’il y peu de chances qu’elle parviennent à remarcher. Par contre, si elle voit en chaque mini-avancée une victoire et qu’elle s’investit corps et âme, et sans douter, dans chaque étape de sa rééducation en faisant ses exercices à fond, alors elle se donne toutes les chances de parvenir à retrouver ce que son accident lui a volé: sa capacité à marcher et à courir!!

Courage, ne lâche rien, ça va payer!

 

Symptômes iatrogènes et sevrage lent

J’ai peur de faire un sevrage parce que chaque fois que j’ai arrêté (brutalement) de pendre mes médicaments psychiatriques, des symptômes terribles sont apparus (délires, anxiété, dépression,…). J’ai peur, car depuis que je prends des médicaments j’ai de plus en plus de troubles.

Tu as lu Breggin, tu as donc bien compris que les médicaments psychiatriques ne font que faire dysfonctionner les processus normaux de notre cerveau. Et comment se manifestent ces dysfonctionnements? Par des symptômes qu’on avait jamais eu avant de prendre ces produits de manière chronique. Pour désigner le fait que ces symptômes sont induits par le médicament (ou par le traitement, ou par le médecin…), nous utilisons le terme de iatrogène.

Lorsqu’on arrête brutalement de prendre ces substances, le cerveau qui tentait de compenser les effets puissants de ces produits, se trouve à compenser encore, alors qu’il n’y a plus d’effets à compenser. Pour illustrer le problème, je vais prendre l’exemple d’une voiture qui est embourbée. La voiture c’est ton cerveau. La pluie, c’est le médicament et la boue c’est l’effet du médicament. Lorsqu’on nous fait prendre un médicament tous les jours pendant des années et des années, c’est comme si on faisait pleuvoir tous les jours pendant des années et des années. Il commence à se former des flaques de boues de plus en plus profondes sous ta voiture (= ton cerveau). Lors des premières pluies, ton cerveau va commencer à compenser pour pouvoir faire décoller la voiture de la flaque de boue qui commence à se former sous elle. Le cerveau va mettre un peu plus de gaz (mais pas trop pour ne pas patiner) pour sortir de la flaque de boue. Et il va y parvenir, ce qui permettra à ta voiture (ton corps et ton esprit) de fonctionner malgré la flaque de boue: avec ta voiture tu pourras quand même te balader et faire tes activités quotidiennes. Mais au fil des ans, avec toute cette pluie (les médicaments) qui tombe tous les jours, la flaque de boue (les effets des médicaments) commence à prendre de l’ampleur et à embourber salement ta voiture (ton cerveau et ton corps). Ton cerveau, qui veut sortir de cette flaque de boue monstrueuse, va se mettre à appuyer à fond sur les gaz pour compenser les effets de l’embourbement. Mais lorsque une flaque de boue est trop profonde et que la voiture est enlisée, la seule chose qui se passe lorsque qu’on met les gaz à fond, c’est que les roues de la voiture patinent dans le vide et on s’embourbent encore plus et le moteur de la voiture commence à surchauffer (=les symptômes qui apparaissent lorsqu’on prend des médicaments).

Maintenant, lorsqu’on arrête d’un coup les médicaments, que ce passe-t-il? Et bien c’est comme si on enlevait d’un coup la boue sous notre voiture qui a les gaz à fond et dont les roues tournent hypervite. Et que ce passe-t-il lorsqu’on a les gaz à fond sur le champignon et que les roues se retrouvent d’un coup sur un sol sec? La voiture fait un monstre embardée et le pilote (le cerveau) en perd souvent le contrôle (symptômes de sevrage) pendant quelques temps, avant de réussir à rétablir la situation.

Quelle est la solution pour éviter cette embardée ?
Un sevrage lent et progressif bien sûr!!
En asséchant lentement le sol de boue (=sevrage lent), on permet au pilote de la voiture (=notre cerveau) de gentiment diminuer la pression sur la pédale des gaz (= arrête de compenser, lever le pied sur les mécanismes compensatoires) et donc de garder le contrôle de la voiture (=éviter l’embardée et les symptômes de sevrage brutaux).

Par conséquent, je pense que si tu mets en place un protocole de sevrage qui est lent et adapté à « ton embourbement », il est peu probable que tu perdes le contrôle de ta voiture (il est peu probable que tu subisses des délires incontrôlables). Le tout est d’y aller lentement pour laisser le temps à ton cerveau de s’adapter à la diminution (= de retirer petit à petit les mécanismes compensatoires qu’il a mis en place pour contrer les effets des médicaments).

Les classifications diagnostiques : que faut-il en penser ?

Les classifications diagnostiques : que faut-il en penser ?

Consigne: Afin de favoriser une réflexion critique sur les classifications diagnostiques, mais aussi plus généralement sur les définitions de la santé et de la maladie ainsi que sur les normes (sociales, statistiques, subjectives, etc.), nous vous demandons de discuter de manière argumentée autour de la question « les classifications diagnostiques : que faut-il en penser ? »

Normes sociales et naissance des classifications diagnostiques

Je pense qu’en terme de construction de la maladie mentale, nous nous trouvons dans la droite lignée de ce qu’explique Foucault (1954). Comme par le passé, lorsque la folie (ou la différence dirait-on peut-être de nos jours 😉 ) ne s’intègre plus au paysage culturel, on met tout en oeuvre pour la faire disparaître.
L’auteur explique qu’il fût un temps où le fou n’était pas considéré comme un malade mental. Il était accepté avec ses différences dans le paysage sociétal et culturel. Puis, l’église a chargé, par deux fois, la médecine de montrer que certains comportements qui ne lui convenaient pas (rites sataniques, comportements des hérétiques,…) étaient le fait d’une imagination déréglée, de violents mouvements des humeurs ou des esprits. Au milieu du 17e siècle, ce sont tous ceux qui donnent des signes de dérangement par rapport à la morale et à la société qui sont internés dans des maisons pour les fous : on enferme les personnes non-conformes aux normes sociétales et culturelles. Dès le milieu du 18e siècle, on veut soigner les fous et on se donne pour mission de les rééduquer, de leurs réapprendre les valeurs morales et sociétales, comme a tenté de le faire Pinel. À partir du 19e siècle, on punit le fou que l’on rend coupable de ne pas respecter la morale.

À ce moment, le fou, le malade mental, semble avoir été défini comme celui qui ne respecte pas la morale et qui est coupable de ce comportement non conforme. Il convient donc de l’enfermé et de le châtié.

De nos jours, comment perçoit-on le fou, celui qui n’est pas comme tout le monde, celui que l’on dit malade psychiquement ? Si on s’en réfère à la définition du trouble mental proposée par l’Organisation Mondiale de la Santé (2016), qui dit que le trouble mental se caractérise généralement par une combinaison de pensées, d’émotions, de comportements et de rapports avec autrui anormaux, alors nous pouvons raisonnablement penser que celui que nous percevons comme atteint mentalement est celui qui a des pensées, des émotions, des comportements et des rapports avec les autres qui ne rentrent pas dans ce que nous définissons comme étant normal ! Mais qu’est-ce que nous définissons comme étant normal ? La normalité psychique, est-ce simplement le fait de présenter un comportement conforme aux normes, établies par la société, qui dictent comment nous devons nous conduire, penser, ressentir et interagir face aux événements de la vie ? Le malade mental serait donc celui qui ne réagit pas de façon attendue à une situation donnée ? Il serait celui que la société ne comprend pas, parce qu’elle ne peut pas prédire ses comportements et pour lequel elle se serait donné pour mission de soigner sa déviance en lui faisant comprendre que pour aller mieux, pour se sentir bien, il n’y a qu’un manière de faire, c’est adopter les modes de pensée, de conduite, de rapport avec autrui et de manière de ressentir qu’elle a défini comme étant ceux qui permettent d’être en bonne santé mentale.

À partir de là, il semble que la société a ressenti le besoin de décrire dans un manuel ces fameuses combinaisons de pensées, d’émotions, de comportements et des rapports avec autrui qu’elles trouvaient comme anormaux.

Pour cela, elle a décidé de s’appuyer sur des données statistiques pour décrire ces fameux phénomènes comportementaux, psychiques, relationnels et émotionnels anormaux. Par conséquent, statistiquement, les profils se trouvant aux deux extrémités d’une gaussienne ont été définit comme sortant de la norme et donc comme étant pathologiques.

Il me semble raisonnable de penser que les systèmes de classification diagnostiques ont trouvé naissance à travers ce processus.

Que faut-il penser des classifications diagnostiques ?

Avantages et inconvénients

Il me semble que les classifications diagnostiques ne répondent pas vraiment à la question que les individus qui souffrent et les professionnels de la santé mentale se pose. À savoir comment aider quelqu’un qui vit une détresse psychique. Ces classifications diagnostiques répondent plutôt à la question de savoir ce qu’est un comportement, un style de pensée, des émotions et des rapports à l’autre non-conformes à ceux admis par la société. Par ailleurs, il est raisonnable de penser que ce n’est pas en classant les gens dans des catégories ou en positionnant leur profil sur un continuum dimensionnel dans un manuel statistique a-théorique et dont la description des diagnostics a été élaborée par une poignée d’individus, qu’on va être en mesure de soulager leur souffrance.

À ce moment-là, vous me diriez : Mais pour soigner cette souffrance, il faut qu’on lui trouve un nom pour pouvoir ensuite administrer au patient le traitement qui a fait ses preuves sur elle !

Je vous dirais, oui, un des avantages des classifications diagnostiques seraient de permettre au clinicien de mettre des mots sur le mal-être psychique dont parle la personne et de pouvoir communiquer verbalement sur détresse. Elles permettent également aux professionnels d’avoir un langage commun pour parler des difficultés de cette personne. Finalement, elles permettent aussi au clinicien de comprendre les informations sur ce mal-être fournies par les études du chercheur.

Cependant, les diagnostics posés par les professionnels de la santé mentale peuvent être une nouvelle source de souffrance. En effet, la personne qui vient parler de son mal-être se sentira, peut-être, dans un premier temps soulagée de savoir que sa souffrance à un nom et que le clinicien la connaît, mais dans un deuxième temps, cette étiquette pourra augmenter sa souffrance en la faisant se sentir stigmatisée et encore plus anormale qu’avant, puisqu’elle est maintenant labellisée comme étant une de ces personnes qu’on dit souffrir de maladie mentale.

Autre inconvénient majeur des classifications diagnostiques actuelles : le traitement consécutif à l’annonce du diagnostic. Pour une grande majorité des diagnostics posés à partir des classifications diagnostiques comme le DSM, il est proposé un traitement médicamenteux. Or, parmi les membres de l’APA et des équipes qui définissent les critères diagnostics de ces manuels, il y a un grand nombre d’individus qui ont des intérêts financiers à définir les maladies de sorte à ce qu’elles permettent à l’industrie pharmaceutique de vendre ses produits. En effet, comme l’explique Lepastier (2008), 56 % des rédacteurs du dsm-IV avaient des relations financières avec l’industrie pharmaceutique. Le taux s’est élevé à 100 % pour ceux chargés du chapitre sur la dépression et les troubles de l’humeur. Mais les liens entre les concepteurs du DSM et les firmes pharmaceutiques vont plus loin et les concepteurs du DSM incluent même dans leur classification diagnostique de nouvelles maladies mentales que les firmes pharmaceutiques se sont permis de définir pour vendre leurs produits. En effet, comme l’explique Gekiere (2009), « le marketing pharmaceutique concourt activement à l’invention de nouvelles maladies et à l’élargissement de celles déjà existantes. Un des exemples les plus connus est celui de la timidité transformée en phobie sociale . Actuellement, l’extension sans fin du champ des troubles bipolaires permet la prescription de neuroleptiques et de régulateurs de l’humeur à des gens vaguement dysphoriques ou tout simplement malheureux ».
De plus comme l’explique Debauche (2009), une des fonctions obscures des essais cliniques est de faciliter la commercialisation de troubles psychiatriques. Si un médicament a un effet significatif sur un état particulier, cela implique que ce trouble existe. L’enjeu vis-à-vis des médecins est de parvenir à capturer leur regard clinique.

Avec l’omniprésence des firmes pharmaceutiques dans le monde de la maladie mentale et dans l’élaboration des critères diagnostiques, les concepteurs du DSM ne se contentent plus de définir la différence comme un comportement anormal, mais ils déshumanisent la maladie en donnant une valeur marchande au diagnostic. Il me semble qu’avec le DSM-5, nous franchissons encore un pas, avec la partie destinée à stimuler les recherches, notamment celles en neurobiologie. En effet, il me semble que cela ouvre encore plus grand la porte à l’influence des firmes pharmaceutiques dont les produits agissent sur la biologie du cerveau.

Risques d’utilisation et de non-utilisation, par un psychologue, d’une classification diagnostique

Il semble raisonnable de penser que le psychologue prend des risques en utilisant un manuel diagnostique élaboré sur des bases aussi discutables. Poser un diagnostic n’est pas chose anodine, étant donné que cela va avoir de grandes répercussions sur la vie de la personne qui le reçoit (rente invalidité, arrêt de travail, stigmatisation, adaptation de l’identité par rapport à cette nouvelle information, ….), ainsi que sur le traitement qui lui sera proposé (psychothérapie, internement en hôpital psychiatrique, médication psychotrope,…). Un diagnostic peut bouleverser une existence, le psychologue prend donc un grand risque en posant un diagnostic sur une personne.

Paradoxalement, le psychologue prend également un risque s’il n’utilise pas la classification diagnostique pour poser un diagnostic. En effet, s’il ne pose pas de diagnostic à partir du DSM, de la CIM ou d’une autre classification, il prend le risque que son client parte, puisqu’il est fort probable que les frais de traitement de ce dernier ne seront pas pris en charge par l’assurance sans l’établissement d’un diagnostic. Le psychologue prend également le risque de ne pas être compris par ses collègues lorsqu’il parle du « cas » de son patient sur lequel il n’a pas poser d’hypothèse diagnostique à partir d’une classification commune.

Conclusion

Créer une classification qui décrit les souffrances psychiques que les individus peuvent vivre est une bonne idée en soi. En effet, cela permet aux chercheurs de définir les caractéristiques des sujets de leurs études et de comprendre les demandes du clinicien. Cela permet aussi aux cliniciens de comprendre les résultats des études des chercheurs. L’utilisation d’une classification diagnostique, comme dictionnaire des troubles permettant aux différents professionnels de se comprendre, est une idée intéressante.
Le problème des classifications diagnostiques réside plutôt dans l’utilisation qui en est faite avec le grand public. En effet, les classifications diagnostiques semblent servir des fins sociétales normatives, des intérêts financiers (industrie pharmaceutique) ou encore des fins politiques.

En définitive, que faut-il penser des classifications diagnostiques ?
Je répondrais, que l’important ce n’est pas l’outil, mais ce pourquoi il a été conçu et ce qu’on en fait. Ainsi, les classifications diagnostiques ne sont ni bonnes ni mauvaises, ni utiles ni inutiles, ni à risque, ni sans risques. Elles le deviennent de part les objectifs pour lesquels elles ont été conçues et en fonction de l’utilisation qui en est faite.

 

Carole, mars 2016

 

Références

Debauche, M. (2009). Les médicaments psychiatriques : modes et tendances. Médicaments. Accès http://www.maisonmedicale.org/Les-medicaments-psychiatriques.html

Foucault, M. (1954). Maladie mentale et psychologie. Paris : PUF

Gekiere, C. (2009). Valeur marchande du diagnostic. Sud/Nord Folies et cultures, 24(1), 29-36. Accès http://www.cairn.info/revue-sud-nord-2009-1-page-29.htm

Lepastier, S. (2008). La construction de la maladie dépressive dans la psychiatrie athéorique. Cliniques méditerranéennes, 77(1), 77-92. Accès https://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2008-1-page-77.htm

Organisation mondiale de la santé. (2016). Troubles mentaux. Accès http://www.who.int/topics/mental_disorders/fr/