Le protocole de sevrage est l’ensemble des règles et des usages à observer pour arrêter la prise de médicament(s) psychotrope(s).
Le protocole de sevrage peut varier en fonction de la classe de molécules à sevrer (benzodiazépines, antidépresseurs, neuroleptiques, etc…), en fonction des propriétés des molécules (molécule à demi-vie courte versus molécule à demi-vie longue) et en fonction de l’approche adoptée (les approches diffèrent en ce qui concerne la progressivité et le rythme des diminutions à adopter).
Finalement, le protocole de sevrage peut et doit être adapté aux spécificités de la personne qui entreprend le(s) sevrage(s) et au contexte dans lequel elle va le faire.
Les principaux protocoles de sevrage ont en commun les principes suivants:
diminuer progressivement et systématiquement la dose
faire des petites diminutions n’excédant pas 10% de la dose en cours
ne pas revenir en arrière (= ne pas ré-augmenter la dose journalière), toujours aller de l’avant en diminuant la quantité de substance prise.
Par exemple, ne pas commencer un sevrage lorsqu’on sait qu’on est dans la période de l’année la plus stressante pour nous.
S’entourer d’une équipe médicale compétente en matière de sevrage des médicaments psychotropes.
S’entourer de personnes de confiance qui seront disponibles pour vous.
Trouver son propre rythme de sevrage!
Restez flexible et adaptez votre plan de sevrage à vos besoins et à vos ressentis
Il est important de rester flexible et de faire évoluer votre plan de sevrage en fonction de votre ressenti et des situations que vous rencontrez au cours de votre sevrage.
La place de l’entourage dans le processus de sevrage
Lors de la mise en place du sevrage, ainsi que pendant toute la durée du sevrage, il est important d’être entouré de personnes de confiance (médecins, famille, amis,…) qui pourront vous aider et vous soutenir durant cette période qui peut souvent se révéler compliquée.
Une personne qui vous connaît bien et en qui vous pouvez avoir confiance sera en mesure de voir la situation de l’extérieur et ainsi de vous donner une vision différente de ce que vous voyez lorsque vous êtes plongé dans votre sevrage et dans les symptômes. Souvent, pendant le sevrage, lorsqu’on se retrouve dans une passe difficile et qu’on ne sait plus quoi faire, c’est ce regard objectif, bienveillant et extérieur qui va nous aider à comprendre ce qui se passe et à débloquer la situation.
Par ailleurs, étant donné que les psychotropes affaiblissent notre capacité de jugement, émoussent nos émotions, nous rendent parfois apathique et provoquent souvent une anosognosie médicamenteuse (une incapacité à reconnaître les symptômes de notre propre dysfonctionnement cognitif induit par les médicaments psychoactifs (Breggin, 2013)), il nous paraît indispensable de vous encourager à vous faire accompagner et épauler par un proche lors d’un sevrage.
Dès les premières semaines de diminution, vous allez certainement sortir du brouillard médicamenteux induit par ces produits. À ce moment-là, il est important de ne pas être seul(e), car cela peut être douloureux et très déroutant de se rendre compte de ce que ces produits ont fait de nous et de l’impact qu’ils ont eu et ont toujours sur nos comportements, nos pensées, nos émotions, notre personnalité et nos relations avec nos proches.
Comme vous l’aurez compris, nous vous encourageons fortement à ne pas entreprendre le processus de sevrage seul, mais de vous faire accompagner à la fois par un professionnel de la santé compétent en matière de psychotropes et par un ou plusieurs proches en qui vous pouvez avoir confiance et qui sauront respecter vos rythmes de sevrage et de récupération.
Il faut savoir que respecter le rythme auquel le corps est capable de supporter les diminutions est un des points cruciaux du sevrage. Il est donc important que vous trouviez votre rythme de diminution et de longueur de paliers et que les personnes qui vous accompagnent dans votre sevrage le respectent. En effet, lorsqu’un sevrage est « confortable », c’est-à-dire que les symptômes de sevrage ne vous entravent pas dans votre quotidien, cela veut dire que vous avez trouvé le rythme de descente que votre organisme peut supporter sans souffrir. Et c’est cette non-souffrance de l’organisme qui permet de réduire la probabilité d’apparition d’un syndrome de sevrage et par là-même la probabilité d’apparition d’un syndrome de sevrage prolongé (Syndrome de sevrage prolongé = maintien des symptômes de sevrage après l’arrêt de la médication psychotrope).
Questions complémentaires relatives aux conditions dans lesquelles va se dérouler le sevrage
Est-ce que je me trouve dans des conditions qui me permettent de mettre en place les protocoles de sevrage recommandés ?
Est-ce que ma condition médicale me permet d’entreprendre un sevrage ?
Est-ce que mon/mes médecin(s) et mon entourage sont disposés à me soutenir dans ce processus ?
Est-ce que mon médecin pourra me mettre en arrêt de travail le cas échéant ?
Est-ce que je dispose du numéro de téléphone d’une personne de confiance que je peux joindre jour et nuit en cas de problème ?
…
Remarque: les étapes de sevrage des différents psychotropes (benzodiazépines, antidépresseurs, neuroleptiques, antipsychotiques, régulateurs de l’humeur, stimulants,…) sont les mêmes.
Le plan de sevrage en pratique
Un exemple de plan de sevrage pour 2 médicaments : Xanax et Deroxat
Conditions de démarrage du 1er sevrage (Deroxat = antidépresseur)
Sevrage 1 : Deroxat
Comme j’ai de graves effets secondaires, je vais commencer dès que possible, mais surtout avec l’accord et le soutien d’un médecin compétent en matière de sevrage.
Je vais informer mes proches et mon médecin de mon début de sevrage, car je sais que tout changement dans le dosage peut entraîner des effets secondaires graves. Comme j’ai des idées suicidaires, il est bien que je sois suivie et entourée 24h/24h et 7j/7j lors des diminutions de dose. Il est bien que j’ai une personne de confiance que je puisse appeler en cas de problème.
L’idéal serait que je puisse commencer ce servage risqué (puisque graves effets secondaires du médicament) dans une structure médicale adaptée et entourée de professionnels compétents en matière de sevrage des médicaments psychiatriques.
Flexibilité
Je dois rester ouverte à la possibilité de pouvoir modifier mon plan de sevrage en tout temps en fonction de mon ressenti, des conditions extérieures et de la situation dans laquelle je me trouve.
Respecter un temps de Stabilisation de quelques semaines avant d’entamer le sevrage suivant
Phase de stabilisation
Avant de commencer le sevrage de la deuxième substance psychoactive, je vais laisser le temps à mon organisme de récupérer du premier sevrage, d’autant plus que je sais que les effets du sevrage des antidépresseurs peuvent se manifester plus d’un mois après l’arrêt complet.
Respecter un temps d’attente entre deux sevrages permet de se donner toutes les chances d’entamer le deuxième servage dans de bonnes conditions physique, physiologique, mentale et psychologique. C’est se donner toutes les chances de réussir le deuxième sevrage.
Conditions de démarrage du 2ème sevrage (Xanax = benzodiazépine)
Sevrage 2 : Lysanxia (= médicament substitué au Xanax)
Dose de confort avec le Lysanxia
Avant de commencer le sevrage du Lysanxia, je m’assure que je suis « bien » à la dose journalière actuelle, celle obtenue après la substitution. Au besoin, j’ajuste, progressivement, de une ou deux gouttes. Je regarde éventuellement s’il serait utile que je bascule des gouttes sur le soir ou le matin (voir basculement des gouttes).
Je vais informer mes proches et mon médecin de mon début de sevrage, car je sais que tout changement dans le dosage peut entraîner des effets secondaires graves. Il est bien que j’ai une personne de confiance que je puisse appeler en cas de problème.
L’idéal serait de pouvoir entreprendre ce servage avec le soutien d’une équipe médicale compétente en matière de sevrage des médicaments psychiatriques.
Flexibilité
Je dois rester ouverte à la possibilité de pouvoir modifier mon plan de sevrage en tout temps en fonction de mon ressenti, des conditions extérieures et de la situation dans laquelle je me trouve.
Une fois votre tableau des diminutions établit, il vous faudra passer à la pratique et réaliser les diminutions à partir de votre comprimé ou de vos gouttes.
Formule gouttes, comprimés, gélules, capsules, solution buvable,… ?
À ce stade, il sera fortement recommandé de passer d’un médicament dont la forme galénique ne se prête que difficilement aux méthodes de titration à sa forme galénique équivalente mais qui est plus pratique à réduire. Par exemple, comme il sera plus aisé de réaliser des diminutions avec des gouttes et qu’il sera quasi impossible d’effectuer des diminutions avec des comprimés non-sécables, il est recommandé de passer de la forme « comprimés non-sécables » du médicament à sa forme « gouttes ».
En psychiatrie, on parle abusivement de « titration » lorsque l’on élève progressivement la quantité de médicament pouvant avoir un effet indésirable ou toxique (ex. : lithium, lamotrigine), en contrôlant (sans toujours effectuer une véritable titration) l’absence d’effet indésirable (Association Neptune, 2014).
Titrer, c’est aussi diminuer graduellement la dose d’un médicament au fil du temps pour cibler la dose voulue (lors d’un sevrage, nous visons généralement soit une réduction de la dose journalière, soit l’arrêt complet du médicament, c’est-à-dire la dose 0).
La titration en pratique
Titrer, c’est réduire progressivement et méthodiquement la quantité de médicament prise. En pratique, si votre médicament se présente sous la forme d’un comprimé, titrer, c’est en quelque sorte réduire la taille de votre comprimé de 10% (si vous faites des diminutions de 10%). Puis pour la diminution suivante, c’est réduire ce comprimé réduit de 10% de 10% supplémentaire, et ainsi de suite… (voir méthode des 10%)
Certaines personnes pèsent leur comprimé, puis le râpent, le grattent ou le liment, jusqu’à enlever 10% de son poids. Au bout de quelques diminutions, cela peut devenir fastidieux.
Mais d’autres techniques existent pour réduire un comprimé.
Par exemple en diluant le(s) comprimé(s) dans de l’eau, il est possible de « jouer » avec les volumes d’eau pour réaliser des diminutions de 10%, de 5%, etc…
Comment cela fonctionne-t-il ?
L’idée est d’avoir un volume d’eau total qui représente 100% de la dose et d’y enlever les 10% qui représentent la diminution voulue.
Ainsi, si nous prenons 100 ml d’eau et que nous en retirons 10 ml, nous aurons opéré une diminution de 10% du volume d’eau. Les 90 ml restant sont le volume d’eau que nous souhaitons obtenir.
Nous allons prendre un volume d’eau de 100 ml dans lequel nous allons diluer notre comprimé (ou nos comprimés). Nous allons ensuite retirer 10 ml de cette solution de 100 ml. Il nous restera alors 90 ml et ces 90 ml contiendront la dose à prendre (= dose après diminution de 10%).
Tutoriel: Titration de comprimés
Dans ce tutoriel, vous apprendrez comment préparer votre dose quotidienne en utilisant la méthode de titration d’eau.
Tout d’abord vous aurez besoin des outils suivants:
une éprouvette graduée de 100 ml, ou une encore mieux une seringue de 50 ml ou 100 ml
un mortier et un pilon (optionnel). Le mortier et le pilon peuvent être remplacés par 2 cuillères ou par un broyeur de comprimés….
un bocal hermétique d’au moins 100 ml (par exemple un bocal à confiture)
Sinon envisager de changer de forme galénique en remplaçant par exemple votre molécule prise sous forme de comprimé(s) par son équivalent sous forme de goutte.
Outils de conversion pour passer d’une forme galénique à une autre
Tableau de conversion solutions buvables <=> formes sèches (IFSI de Premontre, 2015)
1ère méthode: écraser le(s) comprimé(s) et le(s) dissoudre dans de l’eau
Écrasez le(s) comprimé(s) avec le pilon dans le mortier ou entre deux cuillères ou à l’aide d’un broyeur à comprimés.
Dissolvez la poudre de comprimé(s) ainsi obtenue dans 100 ml d’eau et mélangez énergiquement pour obtenir une solution homogène.
Prélevez votre pourcentage à l’aide d’une seringue et videz le dans l’évier. Par exemple, à l’aide de la seringue graduée, prélevez 10 ml (si vous souhaitez retirer 10% de la dose présente dans la solution). Jetez le contenu de la seringue (= les 10 ml).
Vous pouvez maintenant boire le restant du bocal après l’avoir à nouveau un peu secoué.
2ème méthode: laisser dissoudre le(s) comprimé(s) dans de l’eau pendant une nuit
À l’aide d’une seringue de 50 ml ou 100 ml, prélevez 100 ml d’eau et versez-les dans un bocal.
Placez le(s) comprimé(s) dans le bocal et refermez le couvercle.
Placez le bocal fermé au réfrigérateur toute une nuit.
Le lendemain, le(s) comprimé(s) est (sont) complètement dissout(s), il suffit de secouer énergiquement durant au moins 30 secondes afin de rendre la solution homogène.
Prélevez le pourcentage à l’aide d’une seringue et videz le contenu de la seringue dans l’évier.
Vous pouvez maintenant boire le restant du bocal après l’avoir à nouveau un peu secoué.
Titration : répartir une dose journalière en 4 prises
Il faut commencer par enlever le pourcentage de diminution à la dose journalière totale (par exemple 10%) en s’aidant d’une des deux méthodes de titration présentées précédemment. Au départ, la dose totale étant généralement le nombre de comprimés que vous prenez actuellement.
Si vous prenez 1 comprimé et que vous voulez diminuer de 10% ce comprimé, le plus simple serait de diluer le comprimé dans 100 ml d’eau et d’enlever 10 ml de cette préparation. Les 90 ml restant contenant la dose à prendre.
Si vous prenez 2 comprimés, vous diluez les 2 comprimés dans les 100 ml d’eau et vous enlevez également 10 ml pour faire une diminution de 10%. Les 90 ml restant contiendront la dose à prendre.
Si la dose journalière doit être prise en 4 fois, il faut répartir ces 90 ml en 4 prises à peu près égales (l’essentiel est que vous ayez votre dose sur la journée).
Si nous commençons avec 100 ml – 10 ml = 90 ml, alors:
1er palier
Dose journalière: 100 ml – 10 ml = 90 ml
Répartition de la dose journalière en 4 prises: 22ml + 23ml + 22ml + 23ml (= 90ml)
Dose journalière: 81ml – 8ml = 73 ml
Répartition en 4 prises: 18ml + 18ml + 18ml + 19ml (=73ml)
4ème palier
Dose journalière: 73ml – 7ml = 66 ml
Répartition en 4 prises: 16ml + 16ml + 17ml + 17ml (=66ml)
Symptômes de sevrage : Comment répartir les prises pour atténuer les symptômes ?
Lorsqu’on ressent plus de symptômes de sevrage le soir ou au contraire le matin, il peut être judicieux de répartir la dose journalière différemment entre les prises.
Il est ainsi intéressant de basculer des gouttes de la prise du matin vers celle du soir ou de la prise du soir vers celle du matin en vue d’adapter l’apport et l’effet de la benzodiazépine (ou d’un des autres psychotropes) à la réponse physiologique de l’organisme.
Par exemple, si dans les symptômes de sevrage présents, l’insomnie prédomine, il est pertinent de prendre la majeure partie de la dose le soir, alors que si c’est plus difficile le matin, il est approprié de prendre la dose dès le lever. Dans cette dernière situation, attention toutefois à ne pas prendre une trop grande dose au lever au risque de devenir somnolent en matinée.
Comment basculer les gouttes entre les prises ?
Par exemple, si vous voulez basculer des gouttes du matin vers le soir : faire glisser une goutte après l’autre sur un palier de 3 jours en moyenne. En procédant par exemple comme suit:
Le matin 10 gouttes et le soir 15 gouttes (= 25 gouttes journalières)
Pendant 3 jours: prendre 9 gouttes le matin et 16 gouttes le soir (nous serons sur un palier de 3 jours à 25 gouttes par jour)
Puis pendant 3 jours: prendre 8 gouttes le matin et 17 gouttes le soir (nous serons sur un palier de 3 jours à 25 gouttes par jour)
Lorsqu’on bascule des gouttes d’une prise à l’autre, on garde la même dose journalière, mais on en modifie la répartition afin d’atténuer les symptômes de sevrage.
Comment FRACTIONNER les gouttes, les comprimés, …?
Avertissement: l’usage des informations ici présentes est sous votre responsabilité et n’engage que vous. Notre expérience est notre seul guide et ne vient en concurrence de personne. Votre médecin est votre seul référent.
Voici des exemples de techniques que les membres du forum ont trouvées pour réaliser leurs diminutions en fonction de la forme galénique du médicament à sevrer: gouttes, comprimés, gélules,….
1ère méthode: écraser le comprimé et le dissoudre dans de l’eau
Écraser le(s) comprimé(s) avec le pilon dans le mortier ou entre deux cuillères ou à l’aide d’un broyeur à comprimés.
Dissoudre la poudre de comprimés (obtenue lors de la première étape) dans 100 ml d’eau et mélanger énergiquement pour obtenir une solution homogène.
Prélever le pourcentage de diminution à l’aide d’une seringue et le vider dans l’évier. Par exemple, à l’aide de la seringue graduée, prélever 10 ml (si vous souhaitez retirer 10% de la dose présente dans la solution). Jeter le contenu de la seringue (= les 10 ml).
Boire le restant du bocal après l’avoir à nouveau secoué.
Alternative qui aurait été envisageable : passer au Deroxat en solution buvable et faire les diminutions sur des millilitres (plus aisé). Deroxat suspension orale à 2mg/ml
Mais attention, la suspension orale (solution buvable) contient des additifs alimentaires qui peuvent produire des symptômes pénibles et qui vont donc rendre le servage plus difficile : excipients: Conserv.: E 218, E 216; color.: E 110; vanillinum, bergamottae aetheroleum, saccharinum; aromatica; excipiens ad suspensionem (source : https://compendium.ch/mpro/mnr/26202/html/fr).
Par conséquent, je choisis de faire des diminutions à partir des comprimés.
Technique pour les diminutions
Sevrage 2 : Lysanxia (= médicament substitué au Xanax)
Prélever 10 ml d’eau avec une seringue en plastique.
Dans un verre mettre 1 goutte de Lysanxia et ajouter les 10 ml d’eau, bien mélanger.
Aspirer le tout dans la seringue. Les 10 ml de solution maintenant dans la seringue contiennent 1 goutte de Lysanxia. Ensuite, pour faire les fractions de goutte, on jette le « surplus » (ce qu’il y a en trop) dans l’évier:
jeter 1 ml, il reste alors 9 ml de solution dans la seringue. La seringue contient donc 0.90 gouttes, ou
jeter 2 ml, il reste alors 8 ml de solution dans la seringue, donc 0.80 gouttes, ou
jeter 2.5 ml, il reste alors 7.5 ml de solution dans la seringue, donc 0.75 gouttes, ou
jeter 5 ml, il reste alors 5 ml de solution dans la seringue, donc 0.50 gouttes (½ goutte), ou
jeter 7.5 ml, il reste alors 2.5 ml dans la seringue, donc 0.25 gouttes (¼ de goutte)
etc…
Remettre ce qu’il reste dans la seringue dans le verre et y ajouter le nombre de gouttes entières (compléter avec de l’eau)
Une fois le protocole choisit, c’est-à-dire une fois que vous aurez déterminé les règles de diminutions (pourcentage de diminution et longueur des paliers de stabilisation), il vous faudra calculer les diminutions et ainsi établir les quantités (milligrammes ou nombres de gouttes) que vous allez prendre tout au long du sevrage.
Comment calculer une diminution de 10% de la dose en cours?
Le calcul des diminutions (ou fractionnement)
Nous utilisons le terme fractionner pour parler des calculs sous forme fractionnaire que nous faisons pour calculer les diminutions de la dose en cours.
Nous allons mettre sous forme fractionnaire la dose en cours (par exemple 75 mg ou 75 gouttes) et lui retirer le pourcentage de diminution choisi (10% ou 5% ou 3%,…). Puis nous allons soustraire ce pourcentage à la dose en cours pour obtenir la quantité de gouttes/milligrammes à prendre pour la prochaine diminution.
Par exemple lorsque nous souhaitons diminuer de 10% (voir méthode des 10%) une dose en cours de 75 gouttes nous allons fractionner de la sorte:
Fraction du nombre total de gouttes = 75 ou 75/1
Fraction qui correspond à la diminution de 10% de la dose en cours = 10% ou 10/100
75 x 10/100 = 7.5
Le résultat de 7.5 (= 7.5 gouttes), correspond au 10% de la dose en cours.
Ensuite, nous soustrayons ces 10% (soit 7.5 gouttes), au 75 gouttes de la dose en cours pour obtenir la quantité de gouttes à prendre pour la prochaine diminution:
75 – 7.5 = 67.5
Ainsi, il faudra donc prendre 67.5 gouttes.
Le calcul des fractions de milligrammes (mg)
Par exemple lorsque nous souhaitons diminuer de 10% (voir méthode des 10%) une dose en cours de 75 mg, nous allons fractionner de la sorte:
Fraction du nombre total de mg = 75 ou 75/1
Fraction qui correspond à la diminution de 10% de la dose en cours = 10% ou 10/100
75 x 10/100 = 7.5
Le résultat de 7.5 (= 7.5 mg), correspond au 10% de la dose en cours.
Ensuite, nous soustrayons ces 10% (soit 7.5 mg), au 75 mg de la dose en cours pour obtenir la quantité de gouttes à prendre pour la prochaine diminution:
75 – 7.5 = 67.5
Ainsi, il faudra donc prendre 67.5 mg.
Tableau des diminutions
Lors de la diminution suivante, nous allons diminuer de 10% la dose en cours qui est maintenant de 67.5 :
67.5 x 10/100 = 6.75
En soustrayant les 10%, soit 6.75, au 67.5 de la dose en cours nous obtenons:
67.5 – 6.75 = 60.75
Ainsi, il faudra donc prendre 60.75 gouttes ou 60.75 mg. Et ainsi de suite…
Nous pouvons présenter ces diminutions successives sous forme d’un tableau :
Exemple de calcul d’une diminution de 10% de la dose en cours (10% = 10/100 )
Pour une dose de départ:
75 mg ou 75 gouttes
Dose en cours
(en mg ou en gouttes)
Calcul de la diminution de 10% de la dose en cours
Dose à prendre lors de la prochaine diminution
(en mg ou en gouttes)
Diminution 1
75
75 – (75 x 10/100) = 67.5
67.5
Diminution 2
67.5
67.5 – (67.5 x 10/100) = 60.75
60.75
Diminution 3
60.75
60.75 – (60.75 x 10/100) = 54.675
54.675 ≈ 54.70
Diminution 4
54.7
54.7 – (54.7 x 10/100) = 49.23
49.23 ≈ 49.25
Diminution n
…
Exemple de calcul d’une diminution de 5% de la dose en cours (5% = 5/100)
Pour une dose de départ:
75 mg ou 75 gouttes
Dose en cours
(en mg ou en gouttes)
Calcul de la diminution de 5% de la dose en cours
Dose à prendre lors de la prochaine diminution
(en mg ou en gouttes)
Diminution 1
75
75 – (75 x 5/100) = 71.25
71.25
Diminution 2
71.25
71.25 – (71.25 x 5/100) = 67.6875
67.6875 ≈ 67.70
Diminution 3
67.7
67.7 – (67.7 x 5/100) = 64.315
64.315 ≈ 64.35
Diminution 4
64.35
64.35 – (64.35 x 5/100) = 61.1325
61.1325 ≈ 61.15
Diminution n
…
Dans ces deux derniers tableaux, j’ai systématiquement arrondi les doses à prendre au centième supérieur. Par exemple, dans le dernier tableau, à la diminution 3, j’ai arrondi la dose à prendre à 64.35. Vous pouvez également arrondir au dixième.
Le calcul des arrondis
Pourquoi arrondir?
Parce que, dans la pratique, il sera parfois difficile (voir impossible) de titrer des millièmes de milligrammes ou de millièmes de gouttes, c’est-à-dire de diviser/couper/râper/diluer un comprimé pour obtenir des millièmes de milligrammes ou diluer une goutte pour obtenir des millièmes de goutte.
Comment arrondir?
Il est préférable d’arrondir à la valeur supérieure pour ne pas se retrouver en sous-dosage et expérimenter des symptômes de manque.
Calcul des diminutions en vidéo
Titration: Comment calculer des diminutions de 10%? : https://youtu.be/Oq0L6MEhTXU
Un palier correspond au temps que nous laissons à l’organisme pour adapter son fonctionnement à un apport quotidien moindre de molécule active. À chaque nouvelle diminution, nous laissons quelques jours à l’organisme pour s’habituer à l’apport d’une quantité inférieure de molécule active avant de passer à une nouvelle diminution. Nous allons laisser le temps à l’organisme de se stabiliser, de trouver un nouvel équilibre avec une quantité moindre de médicament. En savoir plus sur les paliers…
Si vous passez par la méthode sevrage indirect (voir méthode de sevrage indirect), il vous faudra choisir un protocole de substitution. C’est-à-dire que vous allez devoir déterminer par quelle molécule équivalente vous allez remplacer votre molécule actuelle et quel protocole de substitution vous allez utiliser (par exemple un protocole où la substitution se fait quart par quart ou demi par demi; où la substitution se fait sur 2 semaines ou sur 4 semaines; avec 2 ou 3 prises journalières;…).
Sevrage indirect, comment remplacer la molécule actuellement prise par une autre molécule plus facile à sevrer => Comment mettre en place un protocole de substitution:
Ne pas oublier de prendre les prises à heure fixe. Par exemple si vous décidez de prendre votre dose journalière en 3 prises, vous pouvez fixer les heures des 3 prises à 9h00, 15h00 et 21h00.
Si vous prenez la dose journalière en 3 prises, les prises se feront à 9h00 – 15h00 – 21h00
Si vous prenez la dose journalière en 2 prises, les prises se feront à 9h00 et 21h00
Cette répartition de l’heure des prises à pour but d’assurer une couverture optimale de la journée et ainsi d’éviter le manque entre deux prises.
Sevrage direct
Si vous passez par la méthode de sevrage direct (voir méthode de sevrage direct), il vous faudra choisir le protocole qui convient le mieux à la classe de la molécule à sevrer. Par exemple, un protocole qui propose comme règles de sevrage des diminutions de 5% de la dose en cours tous les 8 jours, pour une benzodiazépine à demi-vie longue. Ou un protocole qui propose comme règles de sevrage des diminutions de 3% de la dose en cours tous les 7 jours, pour une benzodiazépine à demi-vie courte. Ou encore, un protocole qui propose comme règles de sevrage des diminutions de 5% de la dose en cours tous les 15 jours pour un antidépresseur.
Sevrage direct: Quel protocole de sevrage choisir ?
Nous vous conseillons de choisir un protocole de sevrage qui a fonctionné pour une majorité, afin de vous donner les meilleures chances de mener votre sevrage à terme.
Voici les protocoles de sevrage qui, selon nous, ont fait leurs preuves. Ce sont les règles de sevrage que nous recommandons sur le forum, car nous avons observé que ce sont celles qui fonctionnent le mieux et qui permettent aux membres qui les appliquent d’aller au bout de leur sevrage sans rencontrer de difficultés majeures. En effet, nous avons constaté que ces pourcentages de diminution et ces longueurs de palier respectent à la fois les spécificités d’action des molécules et les capacités de l’organisme à supporter et à réguler les réductions de dose.
Les benzodiazépines : règles de sevrage recommandées
Règles générales pour les benzodiazépines à demi-vie courte
Pourcentage de diminution recommandé : 3%
Longueur des paliers recommandée : 7 jours
Règles générales pour les benzodiazépines à demi-vie longue
Pourcentage de diminution recommandé : 5%
Longueur des paliers recommandée : 8 jours
Fin de sevrage des benzodiazépines à demi-vie longue
Pourcentage de diminution recommandé: 3%
Longueur de palier recommandée: 7 jours
Dose journalière à laquelle il est possible et recommandé d’arrêter le sevrage:
1.5 gouttes de Lysanxia (= 0.75 mg de Lysanxia)
1.5 gouttes de Valium (= 0.5 mg de Valium)
Nous attirons votre attention sur deux points concernant le pourcentage des diminutions et la longueur des paliers :
Diminution : descendre sous les 2% peut engendrer une dépendance et entraîner ensuite une fin de sevrage très compliqué.
Palier : en baissant les pourcentages des diminutions, il est absolument nécessaire de réduire la longueur des paliers, sinon les fins de paliers deviennent très difficiles.
Les antidépresseurs : règles de sevrage recommandées
Étant donné que le lien entre le pourcentage de diminution et la longueur du palier n’est pas aussi strict et déterminant dans le cas des antidépresseurs, mais qu’il dépend plus des différences individuelles et des caractéristiques de la classe de l’antidépresseur, nous n’allons pas pouvoir proposer un pourcentage de diminution précis ou une longueur de palier particulière. Nous allons plutôt vous recommander d’appliquer un pourcentage de diminution et une longueur de palier se situant dans des plages de valeurs dont nous avons observé qu’elles permettaient à nos membres de réaliser un sevrage sans trop éprouver de difficultés. Nous vous recommandons d’adapter le protocole de sevrage à votre ressenti personnel et à l’effet que la molécule à sur vous.
Règles générales pour les antidépresseurs
Pourcentage de diminution recommandé : entre 3% et 10%
Longueur des paliers recommandée : entre 12 jours et 30 jours
Dans le cas des antidépresseurs, comme dans le cas des neuroleptiques, il faut veiller à avoir le moins de symptômes possibles, voire pas du tout…
Les neuroleptiques : règles de sevrage recommandées
En ce qui concerne les neuroleptiques, nous manquons encore de données et d’observations nous permettant de proposer des recommandations de sevrage ayant fait leurs preuves. Par conséquent, les présentes recommandations sont à considérer avec une certaine prudence! Toutefois, nous avons observé une tendance générale dans les règles de sevrage, à savoir un pourcentage de diminution très petit et des paliers plutôt longs.
Les présentes recommandations sont donc à considérer avec une certaine prudence!
Règles générales pour les neuroleptiques
Pourcentage de diminution recommandé : < 3%
Longueur des paliers recommandée : jusqu’à 35 jours
Dans le cas des neuroleptiques, comme dans le cas des antidépresseurs, il faut veiller à avoir le moins de symptômes possibles, voire pas du tout…
Un exemple de plan de sevrage pour 2 médicaments : Xanax et Deroxat
5. Choix du protocole de sevrage
Sevrage 1 : Deroxat
Comme il s’agit d’un antidépresseur et que les effets secondaires sont graves, le choix du pourcentage des diminutions est de 10%, avec des paliers de 14 jours. À réajuster en fonction des ressentis et des symptômes.
Le protocole de servage des antidépresseurs comprend souvent des paliers plus longs pouvant aller jusqu’à 30 jours. Si une diminution de 10% de la dose en cours est trop violente, envisager des diminutions de 5%.
Règles générales pour les antidépresseurs
Pourcentage de diminution recommandé : entre 3% et 10%
Longueur des paliers recommandée : entre 12 jours et 30 jours
Remplacement de 2 comprimés de Xanax par 30 gouttes de Lysanxia
Substitution de 30 gouttes de Lysanxia à 0.50mg de Xanax
Plan 1: substitution sur 4 semaines avec 3 prises par jour (9h00-15h00-21h00)
Substitution
Xanax
(2 comprimés de Xanax à 0.25mg)
Lysanxia
(30 gouttes de Lysanxia)
Semaine 1
Matin (9h00)
½ comprimé de Xanax
Midi (15h00)
½ comprimé de Xanax
Soir (21h00)
½ comprimé de Xanax
7.5 gouttes de Lysanxia
Semaine 2
Matin (9h00)
7.5 gouttes de Lysanxia
Midi (15h00)
½ comprimé de Xanax
Soir (21h00)
½ comprimé de Xanax
7.5 gouttes de Lysanxia
Semaine 3
Matin (9h00)
7.5 gouttes de Lysanxia
Midi (15h00)
7.5 gouttes de Lysanxia
Soir (21h00)
½ comprimé de Xanax
7.5 gouttes de Lysanxia
Semaine 4
Matin (9h00)
7.5 gouttes de Lysanxia
Midi (15h00)
7.5 gouttes de Lysanxia
Soir (21h00)
15 gouttes de Lysanxia
Semaines 5 – 6 – 7 Stabilisation
Matin (9h00)
15 gouttes de Lysanxia
Soir (21h00)
15 gouttes de Lysanxia
Semaine 8 Sevrage
Sevrage
Sevrage des 30 gouttes de Lysanxia.
5.b. Protocole de sevrage
Sevrage 2 : Xanax : Sevrage de la molécule de substitution, le Lysanxia
Sevrage de 30 gouttes de Lysanxia (prazépam).
Comme le prazépam est une benzodiazépine à demi-vie longue, le choix du pourcentage des diminutions est de 5%, avec des paliers de 8 jours. À réajuster en fonction des ressentis et des symptômes.
La demi-vie est le temps nécessaire à l’organisme pour diminuer de moitié la quantité totale de molécule ingérée et ce quelle que soit la quantité prise.
La demi-vie d’un médicament est donc la vitesse à laquelle l’organisme élimine les substances actives d’un médicament de la circulation sanguine.
Demi-vie courte
On parle d’un médicament (ou d’une molécule) à demi-vie courte, lorsque l’organisme met moins de 24 heures pour éliminer ses substances actives de la concentration sanguine.
Dans les demi-vies courtes, il y a:
les demi-vies courtes qui mettent moins de 5 heures pour être éliminées
les demi-vies moyennes qui mettent entre 5 et 24 heures pour être éliminées
Demi-vie longue
On parle d’un médicament (ou d’une molécule) à demi-vie longue, lorsque l’organisme met plus de 24 heures pour éliminer ses substances actives de la concentration sanguine.
Attention à ne pas confondre la demi-vie d’un médicament avec son effet. La demi-vie est le temps que met l’organisme pour évacuer le produit, alors que l’effet est ce qui est induit par les propriétés de la substance active du médicament. Par conséquent, une demi-vie de 24 heures ne veut pas dire que le médicament fera effet 24 heures.
Un exemple d’effet: un médicament peut être pris pour sa propriété hypnotique qui a pour effet de faire dormir. Mais si ce médicament a une demi-vie de 24 heures, ça ne veut pas dire qu’il fera dormir 24 heures. Cela veut simplement dire qu’il faudra 24 heures à l’organisme pour l’éliminer. En réalité, la durée de l’effet d’un médicament est généralement bien moins longue que le temps qu’il faut à l’organisme pour l’éliminer de la concentration sanguine.
La règle des 5 demi-vies: l’explication du Dr Phelps (2005)
La plupart des antidépresseurs, comme la plupart des médicaments ont des demi-vies courtes. Il s’agit du terme officiel pour rendre compte de la vitesse à laquelle un médicament quitte la circulation sanguine après que vous ayez arrêté d’en prendre (= arrêter de prendre les doses suivantes). Le temps qu’il faut pour que la quantité de molécule dans votre sang (=le taux sanguin) diminue de moitié est « UNE demi-vie ». par exemple, prenons une molécule (= un médicament) ayant une demi-vie de 24 heures (il s’agit d’une demi-vie plutôt longue, beaucoup de molécules ont des demi-vies un peu plus courtes, proches de 10 heures). Si vous prenez votre dernière dose lundi matin, mardi matin, le taux sanguin est maintenant de la moitié de ce qu’il était le jour précédent (à savoir: mesuré chaque jour à la même heure (à midi dans notre exemple)). Et maintenant, soyez attentif, car le point important se trouve ici: chaque jour qui suit, le taux sanguin de la molécule diminue de la moitié de ce qu’il était le jour précédent. Ainsi, dans cet exemple, mercredi à midi, vous avez perdu la moitié du taux sanguin du mardi à midi. Notez, que vous êtes maintenant à 1/8ème de ce que vous étiez lorsque vous avez commencé. Continuez sur cette logique et vous verrez que jeudi à midi, vous serez à 1/16 de la dose de départ, vendredi vous serez à 1/32ème et ainsi de suite.
Généralement, nous parlons de 5 demi-vies et à ce taux, il restera si peu de médicament dans la circulation sanguine, que nous l’appellerons le taux zéro. Pourquoi tout ce tapage autour des demi-vies? Parce que cela nous mène vers une solution aux problèmes de sevrage liés au Prozac (fluoxétine): le Prozac a une demi-vie d’une semaine! Il est évacué très lentement de la circulation sanguine, si lentement, qu’il faut une semaine pour en éliminer la moitié (=pour s’en débarrasser de la moitié)! Ensuite, en utilisant la règle des Cinq Demi-vies, nous pouvons comprendre qu’il faudra plus d’un mois au Prozac pour quitter lentement la circulation sanguine (il lui faudra 5 semaines pour atteindre un taux sanguin de 1/64ème de la dose initiale).
Comme vous l’aurez certainement compris, c’est aussi à travers le concept de demi-vie et de la règle des Cinq Demi-vies que nous trouvons des solutions aux problèmes de sevrage des autres médicaments psychotropes, notamment les benzodiazépines.
La règles des 5 demi-vies
Nombre de demi-vie
Concentration sanguine
Pourcentage de médicament éliminé de la circulation sanguine
Dose de départ
1
~ 0
Une demi-vie
½ de la dose de départ
50%
Deux demi-vies
¼ de la dose de départ
75%
Trois demi-vies
1/8 de la dose de départ
87.5%
Quatre demi-vies
1/16 de la dose de départ
93.75%
Cinq demi-vies
1/32 de la dose de départ
96.875%
Après 5 demi-vies, on considère que la quasi totalité du médicament a été éliminée de la concentration sanguine, puisque près de 97% de la dose a été éliminée.
Attention, cela est vrai si aucune dose n’a été prise après de la dose de départ (celle à partir de laquelle nous avons calculer les demi-vies d’élimination).
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la durée de la demi-vie d’un médicament peut être différente d’une personne à l’autre (à cause des différences individuelles et métaboliques).
Les neuroleptiques étant une des classes de molécules les plus dangereuses, il est recommandé de sevrer ceux-ci en premier.
Ensuite, une bonne manière de déterminer l’ordre de sevrage est de choisir de sevrer la molécule qui vous semble être celle qui induit les symptômes les plus dangereux ou invalidants pour vous.
Certains préfèrent sevrer les benzodiazépines avant les antidépresseurs, alors que d’autres préfèrent faire le contraire, étant donné que les antidépresseurs peuvent être à l’origine d’effets secondaires graves, comme un état violent et/ou suicidaire.
Quel médicament psychotrope arrêter en premier ?
Comme l’expliquent les Docteurs Breggin et Cohen (2007) :
Si vous prenez un médicament A pour contrer les effets secondaires d’un médicament B, alors vous devriez probablement commencer par sevrer le médicament B. Par exemple, si vous prenez un somnifère pour traiter l’insomnie causée par du Prozac (fluoxétine) ou de la Ritaline, vous allez peut-être avoir envie de sevrer le somnifère après l’arrêt du Prozac ou de la Ritaline. Idem, si vous prenez des médicaments (Cogentin (=benztropine) ou Artane) qui suppriment les troubles moteurs induits par les neuroleptiques, vous devriez probablement commencer par réduire le(s) neuroleptique(s) avant de commencer le sevrage du médicament prescrit pour réduire les effets secondaires des neuroleptiques.
Il est recommandé de ne faire qu’un sevrage à la fois et d’attendre quelques semaines après un sevrage avant d’en commencer un deuxième, afin de ne pas trop bousculer l’organisme. Une pause entre deux sevrages offre à votre organisme la possibilité de récupérer un peu et ainsi de commencer le sevrage suivant dans de meilleures conditions.
Nous vous conseillons également d’écouter votre ressenti pour déterminer quel médicament votre organisme a besoin de sevrer en premier. Par exemple, si vous sentez qu’un médicament a produit des effets secondaires pénibles dès le moment où vous avez commencé à le prendre, alors c’est peut-être par celui-ci qu’il conviendrait de commencer.
Par ailleurs, il est très important de prendre en compte la dangerosité de la molécule lors du choix de l’ordre des sevrages. Comme le soulignent Breggin et Cohen (2007), il faut si possible commencer par les antipsychotiques (neuroleptiques), étant donné que cette classe de médicaments psychiatriques expose à des effets secondaires graves, y compris à la dyskinésie tardive, au syndrome malin des neuroleptiques qui peut potentiellement être mortel, au diabète et à une pancréatite.
Finalement, si vous souffrez déjà d’effets secondaires graves induits par vos médicaments psychiatriques, comme un manie, une hyperstimulation, des comportements inquiétants ou des mouvements anormaux, il faudra envisager de réaliser un sevrage rapide et aussi sûr que possible des molécules incriminées et ce sous la surveillance d’un médecin très expérimenté.
Il est vraiment vital de sevrer en premier, et sous surveillance médicale accrue et constante, le médicament qui serait à l’origine d’une intoxication médicamenteuse.
Comment faire la différence entre des symptômes de manque (syndrome de sevrage) et la toxicité médicamenteuse (neurotoxicité / intoxication médicamenteuse)?
Un syndrome de sevrage correspond à l’ensemble des symptômes qui se manifestent lorsque la dose du médicament est diminuée, alors que la toxicité médicamenteuse se présente sous la forme d’un ensemble de symptômes qui apparaissent lors des augmentations de dose.
Les symptômes de sevrage : un effet indirect des médicaments observé lors des diminutions de dose
Les symptômes de sevrage sont des effets indirects de la substance prise, dans le sens où ils correspondent à une réponse de l’organisme aux diminutions et non aux effets directs de la substance.
L’intoxication médicamenteuse : un effet direct des médicaments observé lors des augmentations de dose
L’intoxication médicamenteuse est un terme utilisé pour parler des effets neurotoxiques et/ou toxiques directs de la substance prise, dans le sens où les symptômes observés sont les conséquences directes des effets de la substance.
Une substance peut intoxiquer l’organisme lors des premières prises. Et l’intoxication va se maintenir et souvent s’aggraver au fil des prises.
Comment faire la différence entre des symptômes de sevrage qui perdurent malgré l’application des règles de sevrage et une éventuelle toxicité ?
La meilleure façon de faire est d’augmenter un peu la dose:
si les symptômes augmentent c’est qu’il y a toxicité, en ce cas le sevrage devra être plus rapide et se faire en 6 ou 8 semaines et sous surveillance médicale intensive. Avant de se lancer dans cette option il faut bien observer ce qui se passe!
si les symptômes diminuent en intensité, c’est qu’il s’agit bien de symptômes de sevrage. Dans ce cas, régler plus finement le protocole de sevrage pourra aider (adapter le pourcentage de diminution et/ou la longueur du palier).
Un exemple de plan de sevrage pour 2 médicaments : Xanax et Deroxat
Détermination de l’ordre des sevrages
Choix personnel en fonction du ressenti et des caractéristiques des substances
Ordre des sevrages choisi :
Deroxat : le Deroxat sera sevré en premier: car chez moi les effets secondaires induits par la paroxétine sont graves : violence envers moi-même (automutilations), idées suicidaires, migraines intolérables et akathisie (agitation interne) (pour plus d’informations sur les effets secondaires voir page sur les antidépresseurs).
Remarque : au vu des effets que cette molécule produit sur moi, vérifier avec mon médecin s’il n’y a pas intoxication et en fonction des conclusions, envisager un sevrage rapide sous surveillance médicale accrue ou dans un centre spécialisé…
Il est préférable de ne pas consommer d’alcool pendant le sevrage, étant donné que celui-ci perturbe l’activité du système nerveux.
L’alcool peut fortement compliquer le sevrage, étant donné qu’il se lie directement sur les récepteurs de l’acétylcholine, de la sérotonine, du GABA et sur les récepteurs NMDA du glutamate (Le cerveau à tous les niveaux, s.d.), qui sont les neurotransmetteurs affectés par le(s) médicament(s) psychoactif(s) à sevrer.
L’alcool induit donc des effets neurochimiques qui peuvent interférer avec le sevrage, rendant celui-ci plus compliqué. Parfois, la prise d’alcool semble couvrir les symptômes de sevrage, parfois il semble les exacerbé, mais dans tous les cas, la consommation d’alcool pendant un sevrage rend celui-ci plus difficile à contrôler, étant donné qu’il devient plus dur de déterminer l’origine des symptômes observés : s’agit-il des effets engendrés par l’alcool, de ceux produits par le(s) médicament(s) ou/et de ceux induits par le sevrage?
Par ailleurs, comme avec toutes les substances psychotropes, il y a des risques de développer une dépendance à l’alcool. En consommant de l’alcool pendant le sevrage d’un médicament psychotrope, on risque ainsi d’ajouter ou de remplacer une dépendance par une autre.
Plus d’informations concernant les neurotransmetteurs affectés par l’alcool :
En collaboration avec Thérèse et l’équipe du forum SoutienBenzo, j’ai élaboré un manuel de sevrage des psychotropes, dans lequel je rassemble les informations récoltées par Thérèse et mes connaissances:
Nous avons écrit ce manuel, car nous nous sommes rendu compte que le grand public, les médecins et les personnes qui souhaitaient gérer l’utilisation et l’arrêt de la médication psychotrope, ne disposaient pas d’une information claire, compréhensible et accessible concernant le fonctionnement des médicaments psychiatriques.
En écrivant ce manuel, nous voulions synthétiser et rendre accessibles les informations qui nous ont permis, à nous, de nous sortir de l’emprise de ces produits. Au travers de ce manuel, nous partagerons donc, avec vous, nos connaissances et nos années d’expériences dans le domaine de la médication psychotrope et du sevrage.
Nous, auteures et co-auteurs, avons tous été confrontés à la prise et à l’arrêt de la médication psychotrope et c’est grâce à notre propre expérience, aux recherches d’informations que nous avons menées et aux années que nous avons passées (et que nous passons toujours) à soutenir les personnes qui souhaitent prendre en main leur consommation de médicaments psychiatriques, que nous pouvons, aujourd’hui, vous proposer un manuel de sevrage qui se fonde à la fois sur des études scientifiques, des connaissances théoriques et sur une mise en pratique quotidienne et fructueuse de ces travaux scientifiques.
Notez que cet ouvrage n’a en aucun cas pour but de vous convaincre ou de vous inciter à arrêter de prendre votre traitement médicamenteux. Ce manuel a uniquement pour objectif de vous informer sur les différents aspects de la médication psychotrope. C’est dans cette perspective informative, que nous vous présenterons des protocoles, des méthodes et des techniques qui permettent de réaliser un sevrage qui respecte les spécificités de fonctionnement de chaque classe de médicaments psychiatriques et qui minimise ainsi les risques liés à l’arrêt de la consommation de ce type de produit.
Ce manuel a été conçu dans un objectif pratique. Notre idée est de vous proposer un contenu qui vous permette de facilement et rapidement mettre en pratique des méthodes, des techniques et des protocoles de sevrage qui sont soutenus par des études scientifiques et/ou des expériences de sevrages réussis.
Ce manuel a été conçu pour rendre l’information technique et scientifique accessible. Dans cette optique, nous avons choisi de simplifier et de synthétiser les contenus scientifiques et techniques.
Nous avons choisi d’expliquer, en des termes simples, les éléments qui nous semblent indispensables à la compréhension des concepts scientifiques sous-jacents aux divers protocoles et méthodes proposés, afin que vous soyez en mesure de comprendre comment ces derniers ont été construits et pourquoi ils l’ont été ainsi.
Nous espérons qu’au fil de cet ouvrage, vous trouverez les pistes qui vous permettront de comprendre ce que vous vivez.
Remarque :
Nous allons faire évoluer ce manuel au cours du temps. Actuellement, c’est la version bêta sortie le 29 septembre 2017 qui est en ligne. Il s’agit d’une version partielle qui ne contient, pour le moment, que les chapitres sur les benzodiazépines et le sevrage.
Il s’agit d’une version test qui a pour but de nous permettre de recevoir des retours de votre part, afin que nous puissions, le cas échéant, améliorer l’ouvrage avant d’en présenter une version finale complète.
Les chapitres qui détaillent l’information sur les antidépresseurs et les neuroleptiques sont en cours de rédaction. Notez cependant, que le chapitre sur le sevrage est général et fournit, de ce fait, des informations qui sont utilisables à la fois pour les benzodiazépines, les antidépresseurs et les neuroleptiques…
Finalement, nous n’insisterons jamais assez sur le fait qu’il ne faut jamais arrêter un traitement médicamenteux du jour au lendemain ou sans l’avis d’un médecin.
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Retrouvez les différentes versions du manuel sur le page consacrée au sevrage: SEVRAGE