Gérer la physiologie

Qu’est-ce que la physiologie?

Définition de physiologie (source: CNRTL (2016) http://www.cnrtl.fr/definition/physiologie):

BIOL. Science qui étudie les fonctions normales ainsi que les propriétés des tissus des organismes vivants, humains, végétaux ou animaux. […] La science des facultés de l’homme fondée sur l’expérience intérieure constitue la psychologie; la même science fondée sur l’expérience ou l’observation extérieure constitue la physiologie (Maine de Biran, Journal, 1819, p.215). À côté de ce courant taxonomique s’est développée une branche non moins importante de la géographie, considérée dans ses rapports avec la physiologie des plantes, leur faciès, leurs modes de vie, leurs adaptations (Hist. gén. sc., t.3, vol.2, 1964, p.774):
La physiologie et la médecine se sont occupées surtout des manifestations chimiques des activités du corps, et des désordres organiques dont l’expression se trouve dans les lésions microscopiques des tissus. Carrel, L’Homme, 1935, p.140.

Techniques pour agir sur sa physiologie:

Pour que les techniques proposées soient efficaces (= produisent un effet et modifient le fonctionnement physiologique pour nous permettre de passer d’un état physiologique à un autre), il convient de pratiquer régulièrement les techniques proposées. Par exemple, pratiquer la respiration complète plusieurs fois par jours (matin – midi -soir) afin d’en maîtriser la technique. Une fois que l’on maîtrise bien une technique, elle devient plus facile à mettre en oeuvre dans les moments où nous voulons modifier un état physiologique qui nous est désagréable et retrouver un état physiologique plus agréable, plus en phase avec la situation en cours.

 

Le sevrage: une quête personnelle

Le sevrage?!

Le sevrage est-il seulement le moyen technique par lequel on arrive à se débarrasser progressivement et systématiquement des médicaments psychiatriques? Ou le sevrage est-il plus que cela?

Techniquement, le sevrage,  c’est l’action d’arrêter méthodiquement de prendre une substance (ici psychotrope). C’est la mise en place d’un plan d’action qui va permettre de diminuer progressivement et systématiquement la quantité de médicament prise en vue d’aider l’organisme à se passer de cette substance.

Mais au-delà de la pure action technique, il y a tout un cheminement personnel qui se met en place. C’est ce que j’appelle la quête personnelle qui va nous mener à la rencontre de nous-même.

En effet, plus on va diminuer la quantité de substance prise, plus on va aller à la rencontre de ses sensations. Les médicaments étouffaient et anesthésiaient notre corps, mais en les retirant petit à petit, nous allons avoir à nouveau accès à nos sensations. Au début, elles seront souvent ressenties comme trop fortes ou trop désagréables, et c’est souvent ce qui freiner l’envie d’aller à la rencontre de soi, de cette être plein de vie qui se cache en nous. Toutes ces sensations qu’on a essayé de faire taire d’abord avec nos propres armes (le mental,…) puis avec l’aide d’armes extérieures (les médicaments,…), vont se réveiller et se rappeler à nous avec une force intense. Comment les accueillir? Comment les gérer? Comment les comprendre? Ont-elles une utilité ou ne sont-elles là que pour m’empêcher de vivre? Voilà les questions qu’il faut se poser! Voilà les questions que je me suis posées et qui m’ont amener à voir le sevrage comme une quête personnelle, comme une rencontre avec soi-même.

Mais ce rencontrer dans de telles conditions, est-ce bien nécessaire? Pourquoi souffrir autant? Voilà encore d’autres questions que je me suis posées et auxquelles je vais essayer de répondre.

Le sevrage, ce n’est donc pas seulement un acte technique, c’est aussi partir à le recherche de soi.

Qui êtes-vous? Voilà une question à laquelle va vous permettre de répondre le sevrage.

Avant de commencer à répondre à toutes ces interrogations, j’avais envie de préciser qu’un sevrage lent vous permettra d’avance plus doucement à la découverte de vos sensations, de qui vous êtes, alors qu’un sevrage rapide vous mettre très intensément dans le vif de vos sensations de votre être, ce qui pourra se révéler plus difficile à gérer émotionnellement (sans oublier que physiquement, cela peut être extrêmement dangereux pour votre organisme).

Lorsqu’on diminue progressivement la prise de médicaments, c’est comme si on relevait petit à petit la chape de plomb qui couvrait nos sensations corporelles. Notre organisme se libère progressivement de sa camisole chimique et manifeste sa contrariété d’avoir été emprisonné au rythme d’avancée du sevrage. Les sensations, souvent pénibles et douloureux, se manifestent à chaque nouvelle diminution de dose, le corps, de plus en plus libéré de son étau, criant son désaccord et la souffrance vécu sous le joug de cet envahisseur chimique.

Des souffrances, il y en avait avant l’envahissement, mais après, elles se sont décuplées, en silence, au fond de leur cellule, hurlant, prisonnières des murs antibruit instaurés sous le temps de l’occupation chimique. Lorsque, lors du sevrage, on libère petit à petit, ces souffrances emprisonnées, bouillonnantes de ne pas avoir pu s’exprimer et affûtées à vif, elles libèrent toutes leurs colères accumulées pendant des années et les hurlent le plus intensément possible à qui veut bien les entendre: le « symptôme de sevrage » est là! Pour calmer les foules, pour réduire au maximum l’intensité de l’expression de la souffrance refoulées et contenues à grand coup de camisole chimique, il convient de libérer les prisonnières une à une et pas toutes à la fois. Techniquement, cela se traduit par un sevrage lent. Un sevrage lent permet en quelque sorte d’ouvrir une cellule à la fois et diminuant d’un garde de prison à la fois et non en ouvrant toutes grandes les portes de la prison en congédiant tous les gardes d’un coup.

En libérant une souffrance à la fois, on permet au corps de gérer l’intensité de la colère de ces sensations réprimées. Mais cela nous permet également, de « traiter » (comme diraient les cognitivistes) une information corporelle à la fois. Et c’est ça la quête personnelle.

Le sevrage, c’est libérer une sensation à la fois et la quête personnelle, c’est écouter, entendre, comprendre et « gérer » cette sensation qui sort « de sa prison ».

Ainsi, se sevrer, ce n’est pas uniquement diminuer progressivement la quantité de substance psychotrope prise, c’est également reconnaître la présence d’une sensation, l’accueillir, l’écouter, l’entendre, le comprendre et finalement apprendre à vivre avec sa présence.

Accueillir ces sensations, les laisser venir, sans les juger, c’est apprendre à aller un peu plus vers soi-même, c’est commencer à écouter son corps, son mouvement et sa vie, c’est s’approcher de soi-même, de qui on est au plus profond de nous même: c’est partir à la recherche de ses ressources, de sa force intérieure: c’est partir à la quête de soi!

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Etre – Faire – Avoir

Je n’éprouve plus de plaisir dans ce que je fais. Je crois que je suis arrivée au bout de ce que je pouvais donner ou plutôt au bout de ce que les autres attendent que je donne.

J’ai envie de me retrouver, d’être, d’être moi… de faire ce pourquoi je suis faite et de ne plus faire ce que les autres attendent de moi.

Récemment, j’ai ré-ouvert, au hasard, le livre de Shakti Gawain (1984) intitulé Techniques de visualisation créatrice: la puissance de la pensée, et je suis tombée sur le chapitre ETRE – FAIRE – AVOIR. Gawain y explique que les gens essayent souvent de vivre à l’envers. Ils tentent d’avoir plus de possessions ou plus d’argent afin de faire davantage ce qu’ils veulent, croyant que c’est la voie pour être heureux. Et je me suis dit que c’était exactement ce que j’étais en train de faire en ce moment. Peut-être est-ce pour cela que je me sent perdue… que je me suis perdue!?

Ces derniers mois, je me suis mise à faire des choses en vue d’avoir un objet concret qui me donnerait reconnaissance: je me suis mise à rédiger (en collaboration avec Thérèse du forum soutienbenzo.forumgratuit.org) Le Manuel de Sevrage des Psychotropes, en vue d’avoir un support concret attestant de mes connaissances en matière de médicaments psychotropes. Avoir un livre à montrer pour attester de ce que je connais et sais faire pour montrer qui je suis, me semblait être la bonne façon de procéder, la bonne façon d’avancer dans mon parcours et sur le chemin de la vie.

En lisant Gawain, je me rends maintenant compte que je suis en train de tout faire à l’envers. En effet, comme l’explique Gawain, il [nous] faut d’abord être ce que [nous sommes] vraiment, puis faire ce qui est nécessaire afin d’avoir ce que [nous désirons].

Par conséquent, selon cette logique, je comprends qu’il ne faut pas tenter d’avoir pour pouvoir faire afin de devenir. Je ne dois donc plus m’efforcer à essayer d’avoir un support écrit attestant de mes connaissances et espérer que celui-ci me permettra d’acquérir une certaine renommée dans le milieu scientifique justifiant ainsi ma capacité d’exercer une activité professionnelle en lien avec la médication psychiatrique (faire). Et je dois encore moins croire que d’exercer dans le milieu scientifique (faire) va me permettre d’être qui je suis vraiment.

Il faut que je commence à être qui je suis vraiment et à ne plus être la personne que les autres veulent que je sois. D’ailleurs, je n’ai plus l’envie, ni la force d’être et de faire ce que l’on attend de moi.

ETRE

Mais qui suis-je vraiment? Comment être qui je suis si je ne sais pas qui je suis au fond?

Je pense que la première chose à faire est que j’arrête de me définir par rapport aux attentes des autres. Pour commencer, je n’ai plus à être cette personne qui s’est sortie de la médication et dont on attend qu’elle tire les autres de cet enfer. ça, ce n’est pas moi. Certes, j’ai le profond désir d’aider les autres à se sortir de la médication psychiatrique, mais non, je n’ai pas envie de la faire comme on me l’impose, j’ai envie de le faire comme je le sens, comme cela me vient, de la même manière que j’ai fait pour me sortir de la médication psychiatrique: en écoutant mon coeur, mon intuition et mon âme. En écoutant cette petite voix au fond de moi qui me guide vers ce qui est bon pour moi, mais qui se révèle au final aussi bon pour les autres.

Ce n’est pas en procédant, à contre-coeur, comme je suppose que l’on attend de moi que je vais pouvoir proposer ce que j’ai envie de proposer.

Ces derniers mois, me forcer à tenter de terminer la rédaction du Manuel de Sevrage des Psychotropes a été un vrai calvaire. Me forcer à faire ce que je n’ai plus envie de faire, mais qui est ce que d’autres attendent que je fasse, m’a petit à petit rongé de l’intérieur, pour finir par abîmer mon quotidien et mes proches. Je comprends ce qui s’est passé, à vouloir faire quelque chose en oubliant qui je suis et en devenant cette personne qu’on attend que je sois, je me suis égarée, je me suis perdue.

Bien évidemment, les autres, comme je les appelle… ces autres ne m’ont absolument rien imposé. Ils ne m’ont pas dit: tu dois être la personne qui rédige le Manuel de Sevrage. NON! C’est moi qui ai interpréter les choses et qui me suis donné pour mission de rédiger cet ouvrage. C’est moi qui me suis imposer de répondre à des attentes implicites ou explicites. C’est moi qui me suis imposé de devenir cette personne, c’est moi et personne d’autre. C’est un choix que j’ai fait de m’imposer cette mission, de m’imposer d’être cette personne qui rédigera ce manuel.

Mais je n’ai plus envie de faire ça, car en faisant cela je ne suis pas moi.

Mais tout cela ne m’aide pas encore à savoir qui je suis vraiment. Tout ce que cela me permet de savoir c’est qui je ne suis pas!

Qui suis-je vraiment?

Qu’est-ce qu’être?

Etre ce n’est donc pas ne pas être. Par conséquent, je ne peux pas définir qui je suis par opposition à ce que je ne suis pas. Je dois donc trouver qui je suis sans me fier à des repères extérieurs… pas facile…

Selon Gawain, être représente l’expérience fondamentale d’être vivant et conscient. C’est l’expérience révélée par la méditation profonde, être totalement accompli et tranquille en soi-même.

Etre soi, c’est donc comme vivre seul sur une île sans subir les influences des autres, de l’environnement ou de la société. Etre, c’est donc se reconnecter avec soi-même, avec son être profond. Pas étonnant que pour révéler son être profond, son âme dirait-on, Gawain propose de passer par la méditation profonde. Méditer, c’est un moyen de mettre les croyances de côté et de se reconnecter avec ses propres sensations. Cela permet de se reconnecter directement avec ce qui est, avec qui on est, sans passer nos sensations et les stimuli qui nous parviennent par des filtres de croyances. C’est ressentir les mouvements qui se déroulent à l’intérieur et à l’extérieur de nous sans les interpréter. C’est laisser venir la vie comme elle est, comme elle vient, sans la juger, sans l’interpréter et sans vouloir la modifier. On laisse venir les sensations et on laisse notre corps et notre âme y répondre sans chercher à les guider. Ce sont eux qui nous guident…

L’intuition? C’est notre moi profond qui nous guide…

Etre soi, vraiment soi, ce serait se reconnecter avec ses sensations profondes et les laisser nous guider, plutôt que de les interpréter et y répondre selon des mécanismes appris. Etre, ce n’est pas forcer son corps à exister et à se plier à ce qu’on pense ou à ce qu’on veut, mais c’est le laisser exister et nous emmener sur le chemin de la vie. C’est suivre son mouvement, suivre son intuition, plutôt que de s’y opposer. En écoutant notre corps, en écoutant les sensations qu’il ressent et les réponses qu’il envoie, nous pouvons nous reconnecter avec nous-même, être qui on est et finalement, par là, avancer sereinement dans la vie.

Se forcer à être qui on n’est pas, forcer notre corps à exister d’un manière qui ne lui convient pas, c’est ne pas être soi. Ecouter son corps, le laisser exister, suivre son mouvement, c’est, selon moi, être.

Voilà pour une première approche d’être.

Alors, qui suis-je vraiment? Je ne le sais pas encore, car je n’ai pas encore réussi à m’écouter pleinement, à ressentir entièrement mon corps et son mouvement ou à faire totalement confiance en mon intuition.

Il me reste à méditer pour trouver qui je suis, pour trouver cette tranquillité et cette paix intérieure qui me permettront d’être moi-même et de faire ce pour quoi je suis faite: pour réaliser ma mission de vie.

 

Le sevrage, comment s’en sortir? 1. Le sevrage: une quête personnelle

 

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Les effets iatrogènes du traitement

On parle d’effets iatrogènes lorsque le traitement déclenche de nouveaux symptômes, distincts de ceux qu’il est censé soigner (Le Figaro Santé, s.d.).

Par exemple, vous recevez un traitement pour l’anxiété et ce dernier produit de nouveaux symptômes comme de l’insomnie, des douleurs, une amnésie, une dépression, des envies suicidaires ou une impulsivité et même, comme nous l’avons constaté chez nombre d’entre nous de nouveaux troubles entraînant de nouveaux diagnostics comme des troubles psychotiques, des troubles bipolaires, des troubles de l’humeur, des troubles psychosomatiques, etc… pour lesquels d’autres traitements sont administrés et viennent s’ajouter au traitement pour l’anxiété. Dans ce cas, on ajoute un traitement médicamenteux pour « traiter » les effets iatrogènes induits par le premier traitement médicamenteux. Cela annonce souvent le début d’une longue errance médicamenteuse où de nouveaux médicaments sont ajoutés par le médecin pour traiter l’apparition de ce nouveau trouble dont les signes et symptômes apparents ne sont en fait, vous l’aurez compris, que les effets iatrogènes du premier traitement. Si les médicaments ajoutés produisent à leur tour des effets iatrogènes, vous imaginez bien que si ces derniers ne sont pas identifiés comme tels, alors l’engrenage infernal de l’ajout d’autres médicaments pour « traiter » les effets iatrogènes des premiers continuera.

Avec l’ajout de plusieurs médicaments et par là, la consommation simultanée de plusieurs médicaments, on s’expose à l’effet cocktail.

Comment désamorcer l’engrenage infernal de l’ajout de médicaments pour « traiter » les effets iatrogènes d’un premier traitement médicamenteux ?

La première chose à faire serait de ne pas ajouter un nième médicament pour traiter les symptômes qui sont apparus APRÈS la prise de médicaments. Il est plus sensé d’essayer de déterminer si les nouveaux symptômes observés depuis le prise du médicament ne seraient pas des symptômes (ou des signes) iatrogènes, c’est-à-dire générés par le traitement. Pour cela, il est important de consulter la notice d’emballage du médicament qui pourrait être à l’origine des nouveaux symptômes que vous expérimentez. Regarder à la rubrique « effets secondaires ou effets indésirables », si les nouveaux symptômes qui sont apparus y figurent. S’ils y figurent, il y a de grandes chances pour que ce soit le médicament qui induisent ces nouveaux symptômes ou ce(s) nouveau(x) trouble(s) et ce n’est pas l’ajout d’un deuxième médicament qui semble la solution la plus saine, mais plutôt la diminution ou le retrait de la substance qui produit ces symptômes nouveaux, d’autant plus si ces symptômes sont graves (envie suicidaire, idées noires, violences, dépression,…).

Ensuite, il faut se rappeler qu’une substance qui produit un effet indésirable grave lorsqu’on la prend peut également être à l’origine de graves effets indésirables lorsqu’on l’arrête. Il convient donc d’être prudent lors de tout changement de dosage.

Les réactions paradoxales

Un effet paradoxal d’un traitement, le plus souvent un médicament, est l’effet contraire de celui recherché, c’est-à-dire l’accentuation des symptômes qu’il vise à traiter (Psychomédia, 2012).

Réactions paradoxales aux benzodiazépines

Les benzodiazépines ont 6 effets principaux : sédatif, hypnotique, anxiolytique, anticonvulsivant, myorelaxant et amnésiant. Mais elles peuvent induire les effets exactement opposé et les individus sensibles peuvent réagir à un traitement aux benzodiazépines par une augmentation de l’anxiété, de l’agressivité, de l’agitation, de la confusion, de la désinhibition, de la perte de contrôle concernant les impulsions, de la loquacité, des comportements violents, et même des convulsions. Les effets indésirables paradoxaux peuvent même conduire à un comportement criminel (Wikipédia, 2015).

Les effets contraires d’un médicament

Les effets contraires d’un médicament sont des effets secondaires indésirables également appelés effets paradoxaux. Ils se produisent lorsque le médicament produit l’effet opposé à celui recherché. C’est parce que le médicament produit l’effet exactement opposé à celui recherché que l’on parle d’effet contraire ou encore d’effet paradoxal (car c’est quand même un paradoxe, que le médicament produise les effets qu’on cherche à traiter).

Les effets secondaires d’un médicament

Les effets secondaires, sont les effets qui se produisent en plus de l’effet primaire, mais qui ne sont pas recherchés, même s’ils peuvent être attendus. Selon Wikipédia (2017), un effet secondaire ou effet latéral peut être désirable, indésirable ou neutre selon les cas.

Il s’agit le plus souvent d’un effet indésirable du traitement, bien que certains de ces effets soient recherchés : l’effet antiagrégant plaquettaire de l’aspirine par exemple (Wikipédia, 2016).

Les réactions paradoxales et les effets contraires sont des effets secondaires indésirables d’un produit.

Les effets secondaires (connus) des médicaments psychiatriques sont généralement mentionnés dans la notice d’emballage.

Par exemple, les effets secondaires indésirables du Xanax (alprazolam) sont:

Effets indésirables Xanax

Les effets indésirables les plus fréquemment rencontrés sous alprazolam chez les patients atteints de névrose d’angoisse ou souffrant d’états d’anxiété associés à une dépression, sont la somnolence, le vertige/l’obnubilation.

Chez les patients atteints de troubles paniques et traités par de fortes doses (supérieures à 4 mg/j), une sédation/somnolence, une fatigue, une ataxie/des troubles de la coordination et des difficultés d’articulation ont fréquemment été observés au début du traitement. La sédation diminue généralement après quelques semaines de traitement.

Lors de l’utilisation de benzodiazépines, des réactions paradoxales telles que difficultés à se concentrer, états confusionnels, hallucinations, stimulation ou autres troubles du comportement comme irritabilité, agitation, accès de colère, comportement agressif et hostile peuvent se manifester dans de rares cas et en particulier chez des patients âgés (voir «Mises en garde et précautions»).

Les effets indésirables mentionnés ci-dessous ont été observés dans des études cliniques contrôlées chez des personnes traitées par l’alprazolam. Ils sont répertoriés par classe d’organes et évalués selon leur fréquence, en tenant compte des définitions suivantes: très fréquents (≥10%), fréquents (≥1%-<10%), occasionnels (≥0.1%-<1%), rares (≥0.01%-<0.1%).

En outre, les effets indésirables figurant sous «Post-marketing» ont été rapportés après la commercialisation.

Affections du système immunitaire

Post-marketing: réactions d’hypersensibilité telles qu’urticaire, œdème laryngé, œdème pharyngé.

Affections endocriniennes

Post-marketing: fréquence inconnue: hyperprolactinémie.

Troubles du métabolisme et de la nutrition

Fréquents: diminution de l’appétit.

Affections psychiatriques

Très fréquents: dépression (11.7%).

Fréquents: confusion mentale, désorientation, diminution de la libido, anxiété, insomnie, nervosité.

Post-marketing: fréquents: augmentation de la libido. Occasionnels: manie, hallucination, colère, agitation. Fréquence inconnue: hypomanie, agression, hostilité, pensées aberrantes, hyperactivité psychomotrice.

Affections du système nerveux

Très fréquents: sédation (49.9%), céphalées (22.3%), somnolence (20.3%), troubles de la mémoire (17%), vertiges (16%), dysarthrie (12.3%), ataxie (10.8%).

Fréquents: troubles de l’équilibre, troubles de la coordination, troubles de l’attention, hypersomnie, léthargie, tremblements.

[…] (Extrait du Compendium Suisse des Médicaments, 2017)

L’effet primaire d’un médicament

L’effet primaire d’un médicament (ou d’une substance active) est l’effet qu’on attend qu’il produise, c’est l’effet désiré du produit: on attend qu’un anxiolytique ait un effet anxiolytique, c’est-à-dire qu’il calme notre angoisse, nos peurs, nos crises de panique. On attend d’un somnifère qu’il nous fasse dormir. On attend d’un antidépresseur qu’il contrecarre notre dépression. On attend d’un antidouleur qu’il soulage nos douleurs…

Par exemple, l’effet primaire recherché de l’alprazolam (molécule active du Xanax) est son effet anxiolytique, il est donc indiqué dans le cadre des troubles anxieux:

Indications/Possibilités d’emploi Xanax

Névroses d’angoisse, y compris troubles psychosomatiques.
Etats d’anxiété avec dépression, mais pas comme traitement de premier choix.
Symptômes d’angoisse associés à des maladies fonctionnelles ou organiques.
Troubles paniques chroniques graves avec ou sans conduite phobique d’évitement, blocage ou diminution des attaques de panique chez les patients souffrant d’une agoraphobie associée à des accès de panique (d’après DSM-III-R, American Psychiatric Association).

Xanax retard:
Névroses d’angoisse, y compris troubles psychosomatiques.
Troubles paniques chroniques graves avec ou sans conduite phobique d’évitement, blocage ou diminution des attaques de panique chez les patients souffrant d’une agoraphobie associée à des accès de panique (d’après DSM-III-R, American Psychiatric Association).

(Compendium Suisse des Médicaments, 2017)

L’effet d’un traitement ou d’un médicament

L’effet recherché d’un traitement, notamment d’un médicament, est l’effet thérapeutique, celui pour lequel le médicament a été conçu et commercialisé. Mais, à côté de cet effet primaire, on peut observer un ou plusieurs effets secondaires, certains pouvant être bénéfiques, d’autres délétères; ce sont alors des effets indésirables (Thomsen, 2014).

La puissance d’un médicament psychotrope

La puissance d’un médicament psychotrope traduit sa capacité à « agir » sur un (ou plusieurs) systèmes de neurotransmission : il s’agit de l’intensité de son action (de l’intensité de son effet). Par exemple, plus la capacité d’un antidépresseur ISRS à inhiber la recapture de la sérotonine sera élevée, plus il sera puissant. En d’autres termes, plus un antidépresseur est capable d’empêcher les neurotransmetteurs sérotoninergiques d’être récupérés par le neurone pré-synaptique ou d’être détruits dans la fente synaptique, plus on dit que son effet est puissant.

La connaissance de la puissance d’un substance psychoactive (antidépresseur, anxiolytique, neuroleptique,…) est intéressante, car elle nous permet de comprendre pourquoi plus une personne prend un médicament aux effets puissants, plus il est difficile pour elle de se sevrer. En effet, plus l’intensité de l’action d’une molécule est grande, plus la réaction de l’organisme à cette action est grande. Dans ce cas, les mécanismes compensatoires mis en place par l’organisme pour contrer les effets du médicament sont puissants. Pour imager, nous pourrions dire que c’est comme lorsqu’on vous attaque. Plus les moyens d’attaques utilisés par l’ennemi sont importants, plus votre réponse sera intense. Ainsi, lorsqu’un pays attaque avec une petite force de frappe, le pays attaqué se défendra avec une force de frappe légèrement supérieure à celle-ci (il répond de manière proportionnelle). Mais si un pays en attaque un autre avec une énorme force de frappe (armes nucléaires, missiles à tête chimique), alors le pays attaqué répondra avec toute sa force de frappe. Dans ce dernier cas, nous comprenons bien que la « désescalade à l’armement » pourra s’avérer compliquée : le pays attaqué ne redescendra que très lentement son intensité de frappe, car ayant été attaqué le premier et ayant souvent subi de plus gros dégâts et un plus grand traumatisme, il va certainement se méfier et réduire beaucoup plus lentement son armement que son assaillant. Il attendra d’être certain que son assaillant ait réduit son action militaire, avant de réduire la sienne.

Les mêmes mécanismes sont en œuvre dans la prise de médicaments psychotropes. Plus un médicament est puissant, c’est-à-dire plus sa force de frappe est puissante (engendre de fortes modifications), plus l’organisme réagira fortement (pour se défendre).

Lors de la désescalade, c’est-à-dire lors de la diminution systématique de l’intensité des frappes (=diminutions des doses pendant le sevrage), l’organisme, comme le pays assailli, va réduire ses réponses aux attaques plus lentement que ne le fera le pays assaillant avec sa force de frappe. L’organisme réduira l’ampleur de son arsenal (et sa force de frappe) beaucoup plus lentement que son assaillant pour être certain de garder un petit avantage.

La force de la réponse de l’organisme à l’action d’une substance psychoactive peut être observée au-travers de l’intensité des symptômes.

Plus un médicament est puissant, plus la réaction de l’organisme est intense. Par conséquent, nous pouvons imaginer que lors du sevrage, plus un médicament sera puissant, plus une diminution importante laissera paraître la réaction de l’organisme aux travers des symptômes de sevrage (ou/et de leur intensité). C’est pourquoi, une des approches du servage, notamment des antidépresseurs, préconise de substituer une molécule puissante par une molécule moins puissante avant de commencer le sevrage à proprement dit. En effet, selon cette approche, un sevrage réalisé sur une molécule moins puissante permettrait de diminuer l’intensité des symptômes de sevrage (symptômes de manque).

L’apparition d’un effet rebond, c’est-à-dire le retour ou l’intensification ou l’apparition de nouveaux symptômes, qui étaient contrôlés sous médicaments, dévoile la réaction de l’organisme à l’action du produit psychiatrique. L’effet rebond est en quelque sorte la manifestation qui met en lumière la réaction de l’organisme à l’action d’une substance psychotrope.

Nous comprenons que plus un médicament est puissant, c’est-à-dire que plus son effet est puissant, plus l’organisme aura compensé et par conséquent plus l’effet rebond risque d’être intense.

La puissance d’une substance psychotrope est donc un élément à bien prendre en compte lors d’un diminution de dose ou d’un sevrage.