L’effet primaire d’un médicament

L’effet primaire d’un médicament (ou d’une substance active) est l’effet qu’on attend qu’il produise, c’est l’effet désiré du produit: on attend qu’un anxiolytique ait un effet anxiolytique, c’est-à-dire qu’il calme notre angoisse, nos peurs, nos crises de panique. On attend d’un somnifère qu’il nous fasse dormir. On attend d’un antidépresseur qu’il contrecarre notre dépression. On attend d’un antidouleur qu’il soulage nos douleurs…

Par exemple, l’effet primaire recherché de l’alprazolam (molécule active du Xanax) est son effet anxiolytique, il est donc indiqué dans le cadre des troubles anxieux:

Indications/Possibilités d’emploi Xanax

Névroses d’angoisse, y compris troubles psychosomatiques.
Etats d’anxiété avec dépression, mais pas comme traitement de premier choix.
Symptômes d’angoisse associés à des maladies fonctionnelles ou organiques.
Troubles paniques chroniques graves avec ou sans conduite phobique d’évitement, blocage ou diminution des attaques de panique chez les patients souffrant d’une agoraphobie associée à des accès de panique (d’après DSM-III-R, American Psychiatric Association).

Xanax retard:
Névroses d’angoisse, y compris troubles psychosomatiques.
Troubles paniques chroniques graves avec ou sans conduite phobique d’évitement, blocage ou diminution des attaques de panique chez les patients souffrant d’une agoraphobie associée à des accès de panique (d’après DSM-III-R, American Psychiatric Association).

(Compendium Suisse des Médicaments, 2017)

L’effet d’un traitement ou d’un médicament

L’effet recherché d’un traitement, notamment d’un médicament, est l’effet thérapeutique, celui pour lequel le médicament a été conçu et commercialisé. Mais, à côté de cet effet primaire, on peut observer un ou plusieurs effets secondaires, certains pouvant être bénéfiques, d’autres délétères; ce sont alors des effets indésirables (Thomsen, 2014).

La puissance d’un médicament psychotrope

La puissance d’un médicament psychotrope traduit sa capacité à « agir » sur un (ou plusieurs) systèmes de neurotransmission : il s’agit de l’intensité de son action (de l’intensité de son effet). Par exemple, plus la capacité d’un antidépresseur ISRS à inhiber la recapture de la sérotonine sera élevée, plus il sera puissant. En d’autres termes, plus un antidépresseur est capable d’empêcher les neurotransmetteurs sérotoninergiques d’être récupérés par le neurone pré-synaptique ou d’être détruits dans la fente synaptique, plus on dit que son effet est puissant.

La connaissance de la puissance d’un substance psychoactive (antidépresseur, anxiolytique, neuroleptique,…) est intéressante, car elle nous permet de comprendre pourquoi plus une personne prend un médicament aux effets puissants, plus il est difficile pour elle de se sevrer. En effet, plus l’intensité de l’action d’une molécule est grande, plus la réaction de l’organisme à cette action est grande. Dans ce cas, les mécanismes compensatoires mis en place par l’organisme pour contrer les effets du médicament sont puissants. Pour imager, nous pourrions dire que c’est comme lorsqu’on vous attaque. Plus les moyens d’attaques utilisés par l’ennemi sont importants, plus votre réponse sera intense. Ainsi, lorsqu’un pays attaque avec une petite force de frappe, le pays attaqué se défendra avec une force de frappe légèrement supérieure à celle-ci (il répond de manière proportionnelle). Mais si un pays en attaque un autre avec une énorme force de frappe (armes nucléaires, missiles à tête chimique), alors le pays attaqué répondra avec toute sa force de frappe. Dans ce dernier cas, nous comprenons bien que la « désescalade à l’armement » pourra s’avérer compliquée : le pays attaqué ne redescendra que très lentement son intensité de frappe, car ayant été attaqué le premier et ayant souvent subi de plus gros dégâts et un plus grand traumatisme, il va certainement se méfier et réduire beaucoup plus lentement son armement que son assaillant. Il attendra d’être certain que son assaillant ait réduit son action militaire, avant de réduire la sienne.

Les mêmes mécanismes sont en œuvre dans la prise de médicaments psychotropes. Plus un médicament est puissant, c’est-à-dire plus sa force de frappe est puissante (engendre de fortes modifications), plus l’organisme réagira fortement (pour se défendre).

Lors de la désescalade, c’est-à-dire lors de la diminution systématique de l’intensité des frappes (=diminutions des doses pendant le sevrage), l’organisme, comme le pays assailli, va réduire ses réponses aux attaques plus lentement que ne le fera le pays assaillant avec sa force de frappe. L’organisme réduira l’ampleur de son arsenal (et sa force de frappe) beaucoup plus lentement que son assaillant pour être certain de garder un petit avantage.

La force de la réponse de l’organisme à l’action d’une substance psychoactive peut être observée au-travers de l’intensité des symptômes.

Plus un médicament est puissant, plus la réaction de l’organisme est intense. Par conséquent, nous pouvons imaginer que lors du sevrage, plus un médicament sera puissant, plus une diminution importante laissera paraître la réaction de l’organisme aux travers des symptômes de sevrage (ou/et de leur intensité). C’est pourquoi, une des approches du servage, notamment des antidépresseurs, préconise de substituer une molécule puissante par une molécule moins puissante avant de commencer le sevrage à proprement dit. En effet, selon cette approche, un sevrage réalisé sur une molécule moins puissante permettrait de diminuer l’intensité des symptômes de sevrage (symptômes de manque).

L’apparition d’un effet rebond, c’est-à-dire le retour ou l’intensification ou l’apparition de nouveaux symptômes, qui étaient contrôlés sous médicaments, dévoile la réaction de l’organisme à l’action du produit psychiatrique. L’effet rebond est en quelque sorte la manifestation qui met en lumière la réaction de l’organisme à l’action d’une substance psychotrope.

Nous comprenons que plus un médicament est puissant, c’est-à-dire que plus son effet est puissant, plus l’organisme aura compensé et par conséquent plus l’effet rebond risque d’être intense.

La puissance d’une substance psychotrope est donc un élément à bien prendre en compte lors d’un diminution de dose ou d’un sevrage.

 

 

26. Le médecin m’a prescrit un antidépresseur, dois-je le prendre ?

C’est une question très controversée et les avis divergent : certains semblent en avoir tiré un bénéfice, d’autres pas.

De plus, ils sont addictifs et ensuite il faut s’en sevrer.

Beaucoup de médecins les prescrivent, car en plus de leurs propriétés antidépressives, ils sont reconnus pour leurs propriétés anxiolytiques.

Certains antidépresseurs ont un effet sédatif pour traiter l’insomnie.

 

 

27. Y a t-il des médicaments qui aident au sevrage?

 

21. Comment réagir face aux symptômes de sevrage?

Comment réagir?

Face à l’insomnie

Le sommeil engendré par les benzodiazépines n’est pas un sommeil normal, mais celui-ci a tendance à se normaliser et à revenir au niveau précédent à cause de la tolérance.

Les rêves deviennent plus agités, les cauchemars apparaissent : c’est une réaction normale au manque de benzodiazépines et en même temps un signe précurseur du début de la guérison.

Le retour du sommeil profond semble être plus LONG après un sevrage, probablement dû au fait que les niveaux d’anxiété sont plus élevés, le cerveau est trop actif et donc il est difficile de s’endormir.

Cela peut durer parfois pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Il est nécessaire d’avoir une hygiène de vie qui permet de rétablir la fonction du sommeil.

Face aux crises d’anxiété

Il est important d’apprendre à les gérer, de faire de la relaxation, des thérapies cognitives ou autres, de l’acupuncture, de l’aromathérapie, des massages, de la réflexologie, de l’homéopathie, du sport, du yoga, de la méditation…

Le fait de découvrir qu’une crise d’anxiété peut être contrôlée sans L’AIDE d’un comprimé accroît la confiance en soi…

La dépersonnalisation, la déréalisation

Apparaissent aussi pendant les crises d’ANXIETE et lors d’un sevrage rapide, mais aussi dans des cas d’extrêmes urgences et chez des personnes soumises à la torture.

Ces états protègeraient d’une souffrance intolérable.

Les hallucinations

Sevrage trop rapide

La dépression, l’agressivité et les obsessions

La dépression est courante durant l’usage à long terme d’une benzodiazépine et durant le sevrage et peut être le résultat de changements biochimiques au niveau du cerveau provoqués par les benzodiazépines.

On a vu que ceux-ci aidaient les GABA pour apaiser, MAIS en même temps ils RÉDUISENT l’activité de la sérotonine et de la norépinephrine, ces neurotransmetteurs que l’on sait impliqués dans la DÉPRESSION.

Celle-ci réagit aux antidépresseurs de la même façon que lors d’une dépression ordinaire.

Tous les autres symptômes disparaîtront eux aussi à la fin du sevrage.

Antidépresseurs et sevrage

La dépression peut parfois être sévère et exposer à un risque suicidaire, rare lors d’un sevrage lent et progressif.

L’anxiété peut s’aggraver temporairement au début du traitement, c’est pourquoi il faut démarrer doucement en augmentant la dose sur 2 ou 3 semaines.

Attention au Prozac en début de traitement: état agité, violent ou suicidaire.

La mise sous antidépresseur n’empêche pas la continuation du sevrage et il faut éviter d’augmenter la dose.

Les antidépresseurs calment la dépression, ont des effets anxiolytiques et aident activement le processus de sevrage d’une benzodiazépine 1.

NB: ce sujet est très controversé et les avis divergent fortement.

Le sevrage des antidépresseurs produit les mêmes effets que celui des benzodiazépines. Les antidépresseurs se sèvrent de la même façon, avec peut-être un allongement du palier pour plus d’efficacité.

Certains antidépresseurs ont un effet sédatif pour traiter l’insomnie.

Par ailleurs on peut comprendre pourquoi les benzodiazépines sont facteurs de dépression :

Cette augmentation de l’activité inhibitrice du GABA causée par les benzodiazépines réduit l’action des autres neurotransmetteurs prompts à l’excitation: la sérotonine, l’acétylcholine et la dopamine. Ces neurotransmetteurs sont nécessaires pour la mémoire, le tonus et la coordination musculaire, le fonctionnement hormonal, le rythme cardiaque, la tension artérielle et autres fonctions qui peuvent être altérées par les benzodiazépines.

Physiopathologie de la dépression :

La dépression est liée à une altération des systèmes de neurotransmission, notamment au niveau du cortex cérébral et du système limbique avec diminution des taux synaptiques de noradrénaline, de dopamine et de sérotonine ainsi que des perturbations dans l’homéostasie du glutamate.

 

22. Un sevrage est-il difficile et combien de temps dure–t-il?

 


1 La position personnelle de Carole est que l’ajout d’un médicament psychiatrique (antidépresseur, neuroleptique, benzodiazépine, stimulants, régulateurs de l’humeur…) ne constitue pas une aide au sevrage, bien au contraire ! En effet, à cause des graves effets secondaires que ces substances engendrent, elles constituent plutôt une entrave au processus de sevrage. Les graves effets secondaires qu’elles peuvent produire sont entre autres : la dépendance, un syndrome d’intoxication, une psychose toxique, la manie, une dyskinésie tardive, une akathisie, des comportements suicidaires, violents et même meurtriers.

3. Comment agissent les benzodiazépines sur notre organisme?

Les benzodiazépines facilitent l’action d’une substance chimique naturelle, le GABA, neurotransmetteur qui transmet les messages d’un neurone à un autre.

Le message transmis par le GABA est un message inhibiteur qui exerce une influence apaisante sur le cerveau et cette action naturelle du GABA est augmentée par les benzodiazépines qui exercent en retour une influence inhibitrice supplémentaire (souvent excessive) sur les neurones.

Cette augmentation de l’activité inhibitrice du GABA causée les benzodiazépines réduit l’action des autres neurotransmetteurs prompts à l’excitation qui sont: la sérotonine, l’acétylcholine, la dopamine,… Ces neurotransmetteurs excitateurs sont nécessaires pour la mémoire, le tonus et la coordination musculaire, le fonctionnement hormonal, le rythme cardiaque, la tension artérielle et les autres fonctions. Ces fonctions peuvent donc être altérées par les benzodiazépines.

D’autres récepteurs de benzodiazépines, non liés au GABA, sont présents dans le rein, le colon, les composants du sang et le cortex surrénal et peuvent eux aussi être affectés par l’usage des benzodiazépines….

Elles sont toutes: anxiolytiques, hypnotiques, myorelaxantes, anti-convulsivantes et amnésiantes.

Les benzodiazépines engendrent aussi des effets contraires :

  • La sursédation est liée au dosage qui entraîne des effets sédatifs et hypnotiques des benzodiazépines, avec comme symptômes: somnolence, troubles de concentration, manque de coordination, faiblesse musculaire, étourdissements, confusion mentale…
  • Dépendance à d’autres drogues comme les hypnotiques et quelques antidépresseurs, les neuroleptiques, les sédatifs antihistaminiques, les opiacés et surtout l’ALCOOL.
  • Troubles de la mémoire
  • Effets stimulants paradoxaux: à l’approche du sommeil, il y a une augmentation de l’anxiété, de l’insomnie, des cauchemars, des hallucinations, des états d’irritabilité…
  • Dépressions et émotions émoussées: les benzodiazépines peuvent à la fois causer ou aggraver la dépression, car elles réduisent la production de sérotonine. “L’anesthésie émotionnelle” est sans doute liée à l’effet inhibiteur des benzodiazépines sur l’activité des centres émotionnels au niveau du cerveau.
  • La TOLÉRANCE: la dose prescrite à l’origine produit progressivement moins d’effet et une plus forte dose est nécessaire… Il est inutile de prescrire une 2ème benzodiazépine. L’absorption à long terme d’une benzodiazépine peut même, du fait de la tolérance, aggraver les troubles de l’anxiété, et donc des symptômes de sevrage apparaissent malgré la prise de benzodiazépines. Ces symptômes disparaissent en réduisant la dose et à la fin du sevrage.
  • La DÉPENDANCE: psychologique et physique peut se développer à la suite d’une utilisation régulière et répétée en quelques semaines ou en quelques mois.

Pour plus d’informations sur les mécanismes d’action des benzodiazépines, n’hésitez pas à consulter le Manuel Ashton : Chapitre I : Comment fonctionnent-elles dans notre organisme ?

 

 

4. Pourquoi se sevrer des benzodiazépines?

 

1. Une benzodiazépine (bzd) qu’est-ce que c’est ?

C’est plus dangereux que vous le pensez ! On appelle ça des tranquillisants, des somnifères, des anxiolytiques… et c’est distribué sur ordonnance, dans le but de soulager rapidement l’anxiété, l’insomnie, l’agitation psychomotrice, les convulsions…

Le saviez-vous? De W-Bad (2017), pour la journée mondiale de sensibilisation aux benzodiazépines

Les benzodiazépines (BZD) sont les molécules les plus largement prescrites dans le traitement des manifestations anxieuses, du stress et des troubles du sommeil. Elles sont aussi prescrites dans le cadre de dépression, de douleurs chroniques, pour réduire les contractions musculaires et pour bien d’autres troubles.

  • Il est recommandé, comme indiqué sur les notices, de ne pas prescrire de benzodiazépines au-delà de 8 à 12 semaines, de 2 à 5 jours pour les somnifères en cas d’insomnie occasionnelle et de 2 à 3 semaines en cas d’insomnie transitoire. Mais la plupart des prescripteurs sont mal informés à ce sujet.
  • Certains experts (Prof. Lader) affirment que les benzodiazépines peuvent être plus addictives que l’héroïne.
    Prescrire au-delà de la durée légale de recommandation peut entraîner une dépendance iatrogène et des dommages physiques et psychologiques.
  • Le sevrage lié aux benzodiazépines peut devenir un enfer et durer des mois, voire des années (un sevrage diffère d’une personne à l’autre).
  • Les benzodiazépines sont très puissantes et elles ne se mélangent pas avec d’autres médicaments, substances, alcool, etc… Le mélange peut être létal.
  • Dans certains cas, la surprescription de ces médicaments s’avère être une porte ouverte à une utilisation abusive.
  • Des études récentes associent une utilisation prolongée des benzodiazépines à des dégâts irréversibles.
  • Les coûts sociaux peuvent être significatifs: chômage, crimes violents, hospitalisations, suicides, conflits domestiques, accidents, etc…
  • Des experts ont fait pression sur les gouvernements depuis des décennies pour des contrôles stricts, mais en vain.
  • La France est, depuis de nombreuses années, l’un des plus gros consommateurs au monde de benzodiazépines.
    En 2015, il y aurait encore 10 millions de français à qui les médecins auraient prescrits des benzodiazépines seules (ou en association avec des antidépresseurs, un problème devenant également majeur).
  • Il est dangereux d’interrompre brutalement ou de réduire trop rapidement la prise de ces molécules.
  • Toute personne souhaitant se sevrer des benzodiazépines devrait consulter le Manuel Ashton ainsi que son médecin traitant.
    Soyez conscient que les médecins ont très peu de connaissances en matière de sevrage dans le meilleur des cas, mais leur coopération est nécessaire.
    N’hésitez pas à leur montrer le Manuel Ashton après l’avoir lu avec une extrême attention. Manuel Ashton: http://www.benzo.org.uk/freman/

source: www.w-bad.org

En 1988, le Committee on Safety of Medicines de la Grande-Bretagne recommandait que les benzodiazépines ne soient utilisées que sur une courte durée: 2 à 4 semaines seulement! Prof Ashton

 

 

2. Les benzodiazépines: peut-on en devenir dépendant?

 

Les mécanismes d’action des benzodiazépines

Les benzodiazépines sont des psychotropes et en tant que tels, elles agissent sur le système nerveux central et altèrent le fonctionnement du cerveau en modifiant ses processus biochimiques et physiologiques. En altérant les fonctions cérébrales, les benzodiazépines induisent des modifications des autres fonctions de l’organisme y compris les fonctions cognitives et comportementales. Comme précisé sur Wikipédia (2017), en altérant […] les fonctions du cerveau, un psychotrope induit des modifications de la perception, des sensations, de l’humeur, de la conscience (états modifiés de conscience) ou d’autres fonctions psychologiques et comportementales.

Les modifications biochimiques et physiologiques

Les benzodiazépines sont une classe de molécules qui agissent sur les récepteurs du neurotransmetteur inhibiteur GABA (Acide Gamma-Aminobutyrique). Elles augmentent la liaison du GABA à ses récepteurs, ce qui a pour effet de diminuer l’activité neuronale. Cette diminution de l’activité neuronale se manifeste par une myorelaxation, une anxiolyse et une sédation (Broers, 2011).

Le GABA est un neurotransmetteur, un agent qui transmet les messages issus d’une cellule du cerveau (le neurone) à une autre. Le message transmis par le GABA est un message inhibiteur: il permet aux neurones qu’il contacte d’en ralentir ou d’en arrêter l’émission

Les propriétés des benzodiazépines et leur utilisation

Toutes les benzodiazépines exercent six effets principaux qui sont utilisés de manière thérapeutique.

Les 6 propriétés des benzodiazépines (HUG, 2015)

  1. leur effet sédatif
  2. leur effet hypnotique
  3. leur effet anxiolytique
  4. leur effet anticonvulsivant
  5. leur effet myorelaxant
  6. leur effet amnésiant

Usage thérapeutique de ces 6 propriétés :

En clinique, les BZD [Benzodiazépines] sont utilisées comme sédatifs/hypnotiques et anxiolytiques, mais également comme inducteurs de l’anesthésie, pour la sédation lors d’examens invasifs ou d’interventions de petite chirurgie, comme antiépileptiques et parfois comme myorelaxants (HUG, 2015).

Les mécanismes d’action et les propriétés des benzodiazépines en vidéo (Carole, 2017)


Cependant, comme l’explique Thérèse, l’usage des benzodiazépines est délicat du fait des risques de dépendance et tolérance. L’entrée en tolérance étant un des facteurs principaux de l’aggravation de l’anxiété ou de l’insomnie sous benzodiazépines (Thérèse).

 

 

 

Liste des benzodiazépines

Liste des benzodiazépines

D’après SoutienBenzo et w-bad (2017)

Les principales benzodiazépines

  • alprazolam (Xanax,…)
  • bromazépam (Lexotan, Lexomil, Lexotanil,…)
  • chlordiazépoxide (Librium*, Librax*, Librocol*, Limbitrol*, Chlorax*,…) (*association du chlordiazépoxide avec une autre substance psychoactive)
  • clobazam (Frisium, Urbanyl, Likozam,…)
  • clonazépam (Klonopin, Rivotril,…)
  • clorazépate (Tranxène, Tranxilium,…)
  • diazépam (Valium, Novazam, Psychopax,…)
  • estazolam (ProSom, Nuctalon,…)
  • flunitrazépam (Rohypnol,…)
  • flurazépam (Dalmane, Somnal, Dalmadorm, Som-Pam, Staurodorm,…)
  • halazépam (Paxipam,…)
  • kétazolam (Anxon, Loftran, Solatran,…)
  • loprazolam (Dormonoct, Havlane,…)
  • lorazépam (Ativan, Témesta, Sédazin, Somnium (préparation combinée),…)
  • lormétazépam (Noctamid, Noctamide, Loramet,…)
  • médazépam (Nobrium,…)
  • nitrazépam (Mogadon,…)
  • nordazépam (Nordaz, Calmday,…)
  • oxazépam (Serax, Serenid, Serepax, Séresta, Anxiolit,…)
  • prazépam (Centrax, Lysanxia, Demetrin,…)
  • quazépam (Doral,…)
  • témazépam (Restoril, Normison, Euhypnos,…)
  • triazolam (Halcion,…)

Z-drogues, Benzo-like ou substances assimilées aux benzodiazépines

Les substances suivantes ne sont pas des benzodiazépines, mais ont des effets similaires aux benzodiazépines hypnotiques et anxiolytiques (Wikipédia, 2017).

Les Z-drogues: non-benzodiazépines aux effets similaires: ces produits sont chimiquement différents des benzodiazépines mais utilisent les mêmes mécanismes d’action et ont les mêmes effets sur l’organisme (W-Bad, 2017).

  • zaleplon (Sonata, Starnoc,…)
  • zolpidem (Ambien, Stilnoct, Stilnox,…)
  • zopiclone (Zimovane, Imovane,…)
  • eszopiclone (Lunesta,…)

Autres Benzo-like

  • méprobamate (Equanil,…)
  • étifoxine (Stresam,…)
  • buspirone (Buspar,…)
  • clotiazépam (Vératran,…): le clotiazépam est un anxiolytique appartenant à la classe des thiénodiazépines qui possède les propriétés anxiolytiques, hypnotiques, anticonvulsantes, amnésiantes et myorelaxantes comme les benzodiazépines (Wikipédia, 2017).

Attention aux molécules possédant des propriétés similaires à celles des benzodiazépines, car elles peuvent avoir les mêmes effets

Quelques neuroleptiques aux propriétés sédatives et anxiolytiques

  • clozapine (Leponex, Clozaril,…) : la clozapine est un antipsychotique atypique dérivé de la dibenzodiazépine qui a des effets sédatifs.
  • olanzapine (Zyprexa1) : l’olanzapine est un neuroleptique puissant qui possède d’importantes propriétés sédatives et anxiolytiques.

Médicaments aux propriétés myorelaxantes

  • pirenzépine (Gastrozepin,…) : la pirenzépine est un antiulcéreux possédant des propriétés myorelaxantes. Cette molécule agit comme antagoniste d’un récepteur de l’acétylcholine. L’acétylcholine est le neurotransmetteur du système nerveux parasympathique qui initie l’état de détente/repos (the rest-and-digest state) par opposition à la réaction d’attaque ou de fuite (fight-or-flight) (Wikipedia, 2017).

 

 

Retrouvez, à cette adresse, une liste plus complète réalisée par W-Bad (2017) dans le cadre de la journée mondiale de sensibilisation aux benzodiazépines: Liste des benzodiazépines et des non-benzodiazépines aux effets similaires (les Z-drogues) : http://w-bad.org/wp-content/uploads/2017/05/FRENCH-BACK.pdf

Le saviez-vous? (W-Bad.org, 2017): http://w-bad.org/wp-content/uploads/2017/05/FRENCH-FRONT.pdf

 

 

 

Les mécanismes d’action des benzodiazépines

 

Insomnie ou réveil difficile : Comment répartir les prises pour atténuer les symptômes ?

Lorsqu’on ressent plus de symptômes de sevrage le soir ou au contraire le matin, il peut être judicieux de répartir la dose journalière différemment entre les prises.

Il est ainsi intéressant de basculer des gouttes de la prise du matin vers celle du soir ou de la prise du soir vers celle du matin en vue d’adapter l’apport et l’effet de la benzodiazépine (ou d’un des autres psychotropes) à la réponse physiologique de l’organisme.

Par exemple, si dans les symptômes de sevrage présents, l’insomnie prédomine, il est pertinent de prendre la majeure partie de la dose le soir, alors que si c’est plus difficile le matin, il est approprié de prendre la dose dès le lever. Dans cette dernière situation, attention toutefois à ne pas prendre une trop grande dose au lever au risque de devenir somnolent en matinée.

Comment basculer les gouttes entre les prises ?

Par exemple, si vous voulez basculer des gouttes du matin vers le soir : faire glisser une goutte après l’autre sur un palier de 3 jours en moyenne. En procédant par exemple comme suit:

  1. Le matin 10 gouttes et le soir 15 gouttes (= 25 gouttes journalières)
  2. Pendant 3 jours: prendre 9 gouttes le matin et 16 gouttes le soir (nous serons sur un palier de 3 jours à 25 gouttes par jour)
  3. Puis pendant 3 jours: prendre 8 gouttes le matin et 17 gouttes le soir (nous serons sur un palier de 3 jours à 25 gouttes par jour)

Lorsqu’on bascule des gouttes d’une prise à l’autre, on garde la même dose journalière, mais on en modifie la répartition afin d’atténuer les symptômes de sevrage.

Comment faire la différence entre les symptômes de sevrage et la toxicité médicamenteuse?

Un syndrome de sevrage correspond à l’ensemble des symptômes qui se manifestent lorsque la dose du médicament est diminuée, alors que la toxicité médicamenteuse se présente sous la forme d’un ensemble de symptômes qui apparaissent lors des augmentations de dose.

Les symptômes de sevrage : un effet indirect des médicaments observé lors des diminutions de dose

Les symptômes de sevrage sont des effets indirects de la substance prise, dans le sens où ils correspondent à une réponse de l’organisme aux diminutions et non aux effets directs de la substance.

L’intoxication médicamenteuse : un effet direct des médicaments observé lors des augmentations de dose

L’intoxication médicamenteuse est un terme utilisé pour parler des effets neurotoxiques et/ou toxiques directs de la substance prise, dans le sens où les symptômes observés sont les conséquences directes des effets de la substance.

Une substance peut intoxiquer l’organisme lors des premières prises. Et l’intoxication va se maintenir et souvent s’aggraver au fil des prises.

Comment faire la différence entre des symptômes de sevrage qui perdurent malgré l’application des règles de sevrage et une éventuelle toxicité ?

La meilleure façon de faire est d’augmenter un peu la dose:

  • si les symptômes augmentent c’est qu’il y a toxicité, en ce cas le sevrage devra être plus rapide et se faire en 6 ou 8 semaines et sous surveillance médicale intensive. Avant de se lancer dans cette option il faut bien observer ce qui se passe!
  • si les symptômes diminuent en intensité, c’est qu’il s’agit bien de symptômes de sevrage. Dans ce cas, régler plus finement le protocole de sevrage pourra aider (adapter le pourcentage de diminution et/ou la longueur du palier).

Comment savoir si on est sous-dosage?

Pour savoir si vous êtes en sous-dosage, c’est-à-dire que vous êtes entré en tolérance, essayez d’augmenter légèrement la quantité de médicament prise en revenant, par exemple, à la dernière dose journalière où vous vous sentiez “bien”. Si vous observez une diminution des symptômes de manque, alors c’est que vous êtes en sous-dosage et qu’il vaudrait mieux commencer votre sevrage à partir de la dose où vous vous sentiez “bien” (= votre dose de confort) et où les symptômes étaient peu intenses ou peu présents.

Mais attention, si au contraire, en augmentant légèrement votre dose journalière vous vous sentez encore plus mal parce que les symptômes sont encore plus nombreux et plus intenses, alors là, cela veut dire que la substance a un effet principalement toxique sur votre organisme et qu’il faudra adapter le sevrage en conséquence (il faudra envisager de faire un sevrage rapide sous surveillance médicale accrue).